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Flash Placements Mars 2026

Croissance décevante aux États-Unis et au Japon au T4, tandis que la Suisse reste solide. L’Europe profite des relances budgétaires, les droits de douane sont suspendus. Cap inchangé pour la BNS.

26.02.2026

Executive Summary

  • La croissance des États-Unis et du Japon a été  bien inférieure aux prévisions pour le quatrième trimestre. Aux États-Unis, le PIB annualisé a déçu avec 1,4 % (prévision : 2,8 %).
  • La Suisse se montre solide : KOF favorable, commerce de détail dynamique et amélioration des données du commerce extérieur.
  • L’Europe profite de plus en plus de l’augmentation des ­dépenses militaires et des mesures budgétaires.
  • La Cour suprême a suspendu les droits de douane.
  • On ne sait toujours pas ce qu’il faut attendre du président désigné de la Fed, Kevin Warsh.
  • La BNS maintient fermement le cap sur la stabilité des prix et continue d’exclure les taux d’intérêt négatifs. 

Faiblesse structurelle du yen malgré cycle de hausse des taux

  • Bien que la Banque du Japon (BOJ) ait relevé son taux directeur à 0,75 %, son plus haut niveau depuis 30 ans, celui-ci reste inférieur au taux d’inflation, qui s’élève à environ 1,5 %. Les taux d’intérêt réels restent donc négatifs, ce qui rend le yen peu attractif pour les investisseurs. De plus, l’écart de taux significatif d’environ trois points de pourcentage par rapport aux États-Unis influence négativement cette monnaie. En conséquence, le yen s’est fortement déprécié par rapport au dollar et a rencontré à plusieurs reprises une résistance technique à environ 160.
  • Par rapport au franc suisse, il a même atteint un nouveau niveau plus bas historique et s’échange à plus de 200 JPY pour 1 CHF, bien que les taux d’intérêt soient plus bas dans notre pays. Cela s’explique par la faible dette publique et le statut de valeur refuge de la Suisse. Alors que la dette japonaise représente environ 236 % du produit intérieur brut, elle n’est que de 38 % en Suisse. Il faut toutefois relever qu’une partie importante de la dette publique japonaise n’est pas détenue à l’étranger, mais par des investisseurs institutionnels nationaux, ce qui réduit le risque de fuite des capitaux.
  • La nette victoire électorale de Sanae Takaichi, avec une majorité des deux tiers au Parlement, plaide en faveur d’une politique économique favorable à la croissance. Cependant, une politique budgétaire expansionniste et la suspension prévue de la TVA sur les denrées alimentaires pourraient accroître le déficit budgétaire. Les effets sur l’inflation, les taux d’intérêt directeurs, la croissance et les taux de change restent donc incertains. Le yen étant techniquement très survendu, nous tablons plutôt sur une appréciation à court terme.

Yen japonais par rapport au dollar américain et au franc suisse (depuis 2023)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Indices des directeurs d’achat favorables

  • Les économies américaine et japonaise sont restées bien au-dessous des prévisions de croissance pour le quatrième trimestre, habituellement très dynamique.
  • Au Japon, la croissance du PIB, à 0,2 %, a été très inférieure à ­l’attente de 1,6 %. Les dépenses de consommation privées, qui représentent plus de la moitié de la performance économique, n’ont augmenté que de 0,1 %, avec un effet particulièrement négatif. La persistance des prix élevés des denrées alimentaires continue d’influencer le moral des consommateurs. Dans ce contexte, les mesures de relance annoncées par la Première ­ministre Sanae Takaichi apparaissent donc plus que jamais nécessaires.
  • Aux États-Unis, une croissance annualisée de 2,8 % était attendue pour le quatrième trimestre. Le résultat publié, à 1,4 %, s’est avéré décevant. Le blocage du gouvernement a été unanimement cité comme cause principale. Sur une base annuelle, la croissance réelle du PIB s’est élevée à 2,2 %. Le fait que le moral des consommateurs, tel que mesuré par le Conference Board, soit à son plus bas niveau depuis 11 ans ne contribue guère à des perspectives positives.
  • Les résultats de l’enquête ISM auprès des directeurs d’achat américains ont montré en janvier un bond réjouissant à 52,6 points dans le secteur manufacturier. Selon les données provisoires de S&P Global, cette évolution positive se poursuit en février et laisse entrevoir une nouvelle reprise économique non seulement aux États-Unis, mais aussi au Japon, dans la zone euro et en Suisse.
  • Le baromètre économique KOF de l’EPF pour la Suisse a légèrement reculé en janvier à 102,5 points, mais reste supérieur à la barre des 100 points et donc au-dessus de la moyenne des prévisions conjoncturelles à moyen terme. Pour février, on s’attend à une hausse à 102,9 points. Le commerce de détail a progressé de 2,9 % en décembre et continue de constituer une base solide pour la performance économique. La production industrielle au quatrième trimestre a baissé de 0,7 % sur une base annuelle et montre des traces évidentes des obstacles au commerce. Les données du commerce extérieur pour janvier montrent toutefois une tendance encourageante à la reprise. Le KOF et les indices des directeurs d’achat laissent également présager une reprise de la production industrielle.
  • Lors de la conférence sur la sécurité à Munich, l’augmentation du budget de la défense des pays européens membres de l’OTAN à 5 % du PIB a été clairement réaffirmée. La hausse des dépenses d’armement, combinée à des mesures de soutien à la conjoncture, devrait favoriser la croissance des économies européennes.
  • La Cour suprême a mis un terme aux droits de douane de ­Donald Trump par 6 voix contre 3, des juges républicains s’étant également opposés à lui. Les mécanismes institutionnels de contrôle et d’équilibre aux États-Unis, les « checks and balances », continuent heureusement de fonctionner. Dans ce contexte, nous considérons actuellement que le potentiel de croissance en dehors des États-Unis est plus attractif.

Suisse : production industrielle, baromètre KOF et indice des directeurs d’achat

Source : Bloomberg Finance L.P.

États-Unis : taux d’inflation et prévisions – tendance à la baisse à d’autres niveaux

Source : Bloomberg Finance L.P.

L’indépendance de la principale banque centrale à l’épreuve

  • La confirmation par le Sénat de Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Fed, devrait être une simple formalité. Il a déjà siégé au comité de la banque centrale et a démissionné en 2011 pour protester contre la politique monétaire jugée trop laxiste. Aujourd’hui encore, il s’insurge contre les achats massifs d’obligations d’État réalisés dans le cadre des différents programmes d’assouplissement quantitatif (QE) de ces dernières années. Selon lui, la Fed a non seulement alimenté l’inflation, mais aussi assuré de manière latente le financement de l’État, menant ainsi une politique budgétaire. Il demande donc que la Fed assure la stabilité des prix et qu’elle cesse de financer la dette. Concrètement, il envisage des lignes directrices contraignantes concernant le volume, les durées et l’utilisation des achats d’obligations.
  • Ironiquement, il cite à cet égard l’accord Fed-Treasury de 1951 : pendant et après la Seconde Guerre mondiale, le ministère des Finances avait contraint la Fed à acheter des obligations d’État à grande échelle afin de maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas et d’assurer le financement de la guerre. Cette contradiction disparaît en y regardant de plus près. Warsh se réfère moins au contenu de l’accord qu’à son esprit : la séparation claire entre politique monétaire et politique budgétaire. Selon lui, la Fed a franchi cette limite ces dernières années, non pas sous la contrainte extérieure, mais de sa propre initiative, s’engageant implicitement à garantir le financement public.
  • Il est toutefois paradoxal que ce soit précisément Warsh qui soit chargé de répondre au souhait de Trump de voir les taux d’intérêt baisser. Sa critique de l’assouplissement quantitatif et son appel à limiter la marge de manœuvre de la Fed ne cadrent en effet pas avec le programme expansionniste du président. La volonté de renforcer l’indépendance par l’autolimitation se heurte ainsi à une pression politique sur les taux d’intérêt. Pour l’instant, le débat autour de la personne de Warsh n’a pas changé les prévisions du marché, qui table sur deux baisses des taux d’intérêt au second semestre, mais la Chine, grand investisseur en obligations d’État américaines, a immédiatement réagi et exhorté les banques du pays à revoir leurs portefeuilles et leurs achats de titres américains.
  • La BNS, sous la présidence de Martin Schlegel, continue quant à elle de miser sans relâche sur la stabilité des prix et la continuité. Le taux d’intérêt réel à court terme qu’elle contrôle est légèrement inférieur à zéro, tout comme celui de la zone euro. Aux États-Unis, il atteint près de 1 %. La marge de manœuvre de la BNS est fortement limitée, d’autant plus qu’elle continue de se distancier d’un passage à des taux d’intérêt négatifs et exclut aussi des mesures monétaires plus expansionnistes. La vigueur persistante du franc suisse a toutefois un effet modérateur sur l’inflation, car elle rend les importations moins chères et entraîne ainsi des effets déflationnistes dans le pays. Si l’appréciation de la monnaie se poursuit, la pression sur la BNS devrait s’accentuer. Pour l’instant, nous ne prévoyons toutefois pas de taux d’intérêt négatifs.

Suisse : taux directeur de la BNS, Saron 6 mois et rendement des obligations fédérales à 10 ans (5 ans)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Taux directeurs et estimations consensuelles à fin 2026

Source : Bloomberg Finance L.P.

Obligations : rendements sous pression

  • Les rendements des obligations d’État américaines ont nettement baissé après la publication de données sur l’inflation aux États-Unis meilleures que prévu. En conséquence, la probabilité de nouvelles baisses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine au second semestre a également augmenté, en particulier sous la direction du président désigné de la banque centrale, Kevin Warsh. En Europe aussi, les taux d’intérêt ont sensiblement baissé, ce qui, combiné à des perspectives de taux plus favorables, a contribué à la stabilisation des marchés boursiers. Actuellement, les rendements des obligations d’État à dix ans s’établissent à environ 4,1 % aux États-Unis, 2,75 % en ­Allemagne, 0,25 % en Suisse et 2,1 % au Japon.
  • Le niveau d’endettement élevé et toujours croissant à l’échelle mondiale ainsi que l’incertitude persistante en matière d’inflation, due notamment aux prix des matières premières, s’opposent à la pression politique en faveur d’une baisse des taux d’intérêt afin de garantir la soutenabilité du service de la dette. Dans le même temps, les tensions géopolitiques ont un effet modérateur sur les rendements et suscitent une demande soutenue pour les placements sûrs, en particulier les « valeurs refuges » telles que les obligations d’État suisses, ce qui, outre l’inflation déjà faible, exerce une pression supplémentaire sur les taux d’intérêt dans notre pays.

Taux d’intérêt des obligations d’État à 10 ans en % (5 ans)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Climat général favorable avec rotation et diversification

  • La saison des résultats financiers aux États-Unis est globalement réjouissante. Les bénéfices des entreprises ont augmenté d’environ 12 % par rapport à l’année précédente et ont largement dépassé les attentes, enregistrant une croissance à deux chiffres pour la cinquième fois consécutive. En Europe, le tableau est plus contrasté : dans l’Euro STOXX 600, l’évolution des bénéfices se rapproche du seuil de rentabilité et dépasse ainsi les attentes.
  • En Suisse, la saison des résultats est encore en plein essor. Les poids lourds de l’indice ont jusqu’à présent présenté des résultats solides et ont pour la plupart annoncé des augmentations de dividendes.
  • Dans le même temps, les progrès rapides dans le domaine de l’intelligence artificielle sont source d’incertitude. D’une part, on craint de plus en plus que des secteurs entiers ne soient bouleversés, d’autre part, on se demande avec scepticisme si les investissements de plusieurs milliards apporteront les bénéfices escomptés. Dans le domaine du « Software as a Service » en particulier, le lancement du Claude Code, qui permet la mise en place et la coordination de systèmes dits « agents » fonctionnant de manière indépendante, a entraîné une correction historique des cours dans ce secteur. Parallèlement, la forte augmentation de la demande de capacité de centres de données entraîne des pénuries d’approvisionnement et des hausses de prix significatives pour les puces de mémoire. Dans ce contexte, une large diversification reste essentielle pour les investisseurs, avec un accent sur l’Europe et la Suisse, ainsi que sur les titres de valeur et les petites et moyennes capitalisations.

Marchés des actions : performance depuis le 1.1.2026, indexée, en monnaie locale

Source : Bloomberg Finance L.P.

Consolidation à court terme de l’USD

  • Le dollar américain a continué à perdre de la valeur face au franc suisse en janvier, tombant à 0,76. Les niveaux les plus bas historiques ont été dus aux perturbations à court terme mais profondes du marché pendant la crise de l’euro en 2011 et à la suppression du taux plancher du franc suisse par rapport à l’euro le 15 janvier 2015, lorsque le dollar s’est effondré temporairement à respectivement 0,707 et 0,74. Même si un nouveau test de ces niveaux ne peut être exclu à moyen terme, nous considérons qu’une consolidation dans une fourchette de 0,76 à 0,78 est plus probable à court terme.
  • L’euro a également subi des pressions par rapport au franc suisse en début d’année, passant de 0,935 à environ 0,91. Nous considérons le niveau de 0,90 comme un soutien solide, notamment en raison de la politique monétaire largement synchronisée des deux banques centrales.
  • Dans l’ensemble, le franc suisse reste fort sur un large front et continue de bénéficier du statut de « valeur refuge » de la Suisse, mentionné précédemment, dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante et d’indiscipline budgétaire de nombreux autres pays et zones économiques.

Euro et dollar face au franc suisse (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Correction attendue depuis longtemps pour l’or

  • Le cours de l’or a augmenté d’environ 65 % en 2025 et a atteint un nouveau record historique en janvier, à près de 5’600 dollars l’once, ce qui correspond à une nouvelle hausse de près de 30 % en seulement un mois. Une correction des cours était attendue depuis longtemps, surtout après cette exagération massive. Elle s’est produite avec une baisse d’environ 21 % à 4’400 dollars américains en peu de temps, puis a laissé place à une phase de consolidation volatile. L’argent a évolué de manière similaire à l’or, mais avec des fluctuations nettement plus importantes. La hausse d’environ 70 % observée en janvier a été entièrement corrigée en seulement trois jours.
  • À moyen terme, l’or bénéficie des mêmes facteurs favorables que le franc suisse, mais de manière plus prononcée. En tant que réserve de valeur millénaire, exempte de dette, neutre et non reproductible à volonté, le métal précieux joue le rôle de « valeur refuge» ultime. De plus, les banques centrales mondiales transfèrent de plus en plus leurs réserves du dollar américain vers l’or, non seulement en raison de la situation budgétaire tendue aux États-Unis, mais aussi pour réduire le risque de gel potentiel des réserves de devises, comme celles décrétées dans le cadre des sanctions contre la Russie.
  • Nous restons optimistes pour le secteur des matières premières en général, car les programmes conjoncturels et d’armement maintiennent la demande à un niveau élevé. Dans le secteur de l’énergie, les tensions au Proche-Orient et les faibles niveaux des stocks de gaz allemands constituent aussi un soutien.

Indices des matières premières (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Faiblesse structurelle du yen malgré cycle de hausse des taux

  • Bien que la Banque du Japon (BOJ) ait relevé son taux directeur à 0,75 %, son plus haut niveau depuis 30 ans, celui-ci reste inférieur au taux d’inflation, qui s’élève à environ 1,5 %. Les taux d’intérêt réels restent donc négatifs, ce qui rend le yen peu attractif pour les investisseurs. De plus, l’écart de taux significatif d’environ trois points de pourcentage par rapport aux États-Unis influence négativement cette monnaie. En conséquence, le yen s’est fortement déprécié par rapport au dollar et a rencontré à plusieurs reprises une résistance technique à environ 160.
  • Par rapport au franc suisse, il a même atteint un nouveau niveau plus bas historique et s’échange à plus de 200 JPY pour 1 CHF, bien que les taux d’intérêt soient plus bas dans notre pays. Cela s’explique par la faible dette publique et le statut de valeur refuge de la Suisse. Alors que la dette japonaise représente environ 236 % du produit intérieur brut, elle n’est que de 38 % en Suisse. Il faut toutefois relever qu’une partie importante de la dette publique japonaise n’est pas détenue à l’étranger, mais par des investisseurs institutionnels nationaux, ce qui réduit le risque de fuite des capitaux.
  • La nette victoire électorale de Sanae Takaichi, avec une majorité des deux tiers au Parlement, plaide en faveur d’une politique économique favorable à la croissance. Cependant, une politique budgétaire expansionniste et la suspension prévue de la TVA sur les denrées alimentaires pourraient accroître le déficit budgétaire. Les effets sur l’inflation, les taux d’intérêt directeurs, la croissance et les taux de change restent donc incertains. Le yen étant techniquement très survendu, nous tablons plutôt sur une appréciation à court terme.

Yen japonais par rapport au dollar américain et au franc suisse (depuis 2023)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Indices des directeurs d’achat favorables

  • Les économies américaine et japonaise sont restées bien au-dessous des prévisions de croissance pour le quatrième trimestre, habituellement très dynamique.
  • Au Japon, la croissance du PIB, à 0,2 %, a été très inférieure à ­l’attente de 1,6 %. Les dépenses de consommation privées, qui représentent plus de la moitié de la performance économique, n’ont augmenté que de 0,1 %, avec un effet particulièrement négatif. La persistance des prix élevés des denrées alimentaires continue d’influencer le moral des consommateurs. Dans ce contexte, les mesures de relance annoncées par la Première ­ministre Sanae Takaichi apparaissent donc plus que jamais nécessaires.
  • Aux États-Unis, une croissance annualisée de 2,8 % était attendue pour le quatrième trimestre. Le résultat publié, à 1,4 %, s’est avéré décevant. Le blocage du gouvernement a été unanimement cité comme cause principale. Sur une base annuelle, la croissance réelle du PIB s’est élevée à 2,2 %. Le fait que le moral des consommateurs, tel que mesuré par le Conference Board, soit à son plus bas niveau depuis 11 ans ne contribue guère à des perspectives positives.
  • Les résultats de l’enquête ISM auprès des directeurs d’achat américains ont montré en janvier un bond réjouissant à 52,6 points dans le secteur manufacturier. Selon les données provisoires de S&P Global, cette évolution positive se poursuit en février et laisse entrevoir une nouvelle reprise économique non seulement aux États-Unis, mais aussi au Japon, dans la zone euro et en Suisse.
  • Le baromètre économique KOF de l’EPF pour la Suisse a légèrement reculé en janvier à 102,5 points, mais reste supérieur à la barre des 100 points et donc au-dessus de la moyenne des prévisions conjoncturelles à moyen terme. Pour février, on s’attend à une hausse à 102,9 points. Le commerce de détail a progressé de 2,9 % en décembre et continue de constituer une base solide pour la performance économique. La production industrielle au quatrième trimestre a baissé de 0,7 % sur une base annuelle et montre des traces évidentes des obstacles au commerce. Les données du commerce extérieur pour janvier montrent toutefois une tendance encourageante à la reprise. Le KOF et les indices des directeurs d’achat laissent également présager une reprise de la production industrielle.
  • Lors de la conférence sur la sécurité à Munich, l’augmentation du budget de la défense des pays européens membres de l’OTAN à 5 % du PIB a été clairement réaffirmée. La hausse des dépenses d’armement, combinée à des mesures de soutien à la conjoncture, devrait favoriser la croissance des économies européennes.
  • La Cour suprême a mis un terme aux droits de douane de ­Donald Trump par 6 voix contre 3, des juges républicains s’étant également opposés à lui. Les mécanismes institutionnels de contrôle et d’équilibre aux États-Unis, les « checks and balances », continuent heureusement de fonctionner. Dans ce contexte, nous considérons actuellement que le potentiel de croissance en dehors des États-Unis est plus attractif.

Suisse : production industrielle, baromètre KOF et indice des directeurs d’achat

Source : Bloomberg Finance L.P.

États-Unis : taux d’inflation et prévisions – tendance à la baisse à d’autres niveaux

Source : Bloomberg Finance L.P.

L’indépendance de la principale banque centrale à l’épreuve

  • La confirmation par le Sénat de Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Fed, devrait être une simple formalité. Il a déjà siégé au comité de la banque centrale et a démissionné en 2011 pour protester contre la politique monétaire jugée trop laxiste. Aujourd’hui encore, il s’insurge contre les achats massifs d’obligations d’État réalisés dans le cadre des différents programmes d’assouplissement quantitatif (QE) de ces dernières années. Selon lui, la Fed a non seulement alimenté l’inflation, mais aussi assuré de manière latente le financement de l’État, menant ainsi une politique budgétaire. Il demande donc que la Fed assure la stabilité des prix et qu’elle cesse de financer la dette. Concrètement, il envisage des lignes directrices contraignantes concernant le volume, les durées et l’utilisation des achats d’obligations.
  • Ironiquement, il cite à cet égard l’accord Fed-Treasury de 1951 : pendant et après la Seconde Guerre mondiale, le ministère des Finances avait contraint la Fed à acheter des obligations d’État à grande échelle afin de maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas et d’assurer le financement de la guerre. Cette contradiction disparaît en y regardant de plus près. Warsh se réfère moins au contenu de l’accord qu’à son esprit : la séparation claire entre politique monétaire et politique budgétaire. Selon lui, la Fed a franchi cette limite ces dernières années, non pas sous la contrainte extérieure, mais de sa propre initiative, s’engageant implicitement à garantir le financement public.
  • Il est toutefois paradoxal que ce soit précisément Warsh qui soit chargé de répondre au souhait de Trump de voir les taux d’intérêt baisser. Sa critique de l’assouplissement quantitatif et son appel à limiter la marge de manœuvre de la Fed ne cadrent en effet pas avec le programme expansionniste du président. La volonté de renforcer l’indépendance par l’autolimitation se heurte ainsi à une pression politique sur les taux d’intérêt. Pour l’instant, le débat autour de la personne de Warsh n’a pas changé les prévisions du marché, qui table sur deux baisses des taux d’intérêt au second semestre, mais la Chine, grand investisseur en obligations d’État américaines, a immédiatement réagi et exhorté les banques du pays à revoir leurs portefeuilles et leurs achats de titres américains.
  • La BNS, sous la présidence de Martin Schlegel, continue quant à elle de miser sans relâche sur la stabilité des prix et la continuité. Le taux d’intérêt réel à court terme qu’elle contrôle est légèrement inférieur à zéro, tout comme celui de la zone euro. Aux États-Unis, il atteint près de 1 %. La marge de manœuvre de la BNS est fortement limitée, d’autant plus qu’elle continue de se distancier d’un passage à des taux d’intérêt négatifs et exclut aussi des mesures monétaires plus expansionnistes. La vigueur persistante du franc suisse a toutefois un effet modérateur sur l’inflation, car elle rend les importations moins chères et entraîne ainsi des effets déflationnistes dans le pays. Si l’appréciation de la monnaie se poursuit, la pression sur la BNS devrait s’accentuer. Pour l’instant, nous ne prévoyons toutefois pas de taux d’intérêt négatifs.

Suisse : taux directeur de la BNS, Saron 6 mois et rendement des obligations fédérales à 10 ans (5 ans)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Taux directeurs et estimations consensuelles à fin 2026

Source : Bloomberg Finance L.P.

Obligations : rendements sous pression

  • Les rendements des obligations d’État américaines ont nettement baissé après la publication de données sur l’inflation aux États-Unis meilleures que prévu. En conséquence, la probabilité de nouvelles baisses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine au second semestre a également augmenté, en particulier sous la direction du président désigné de la banque centrale, Kevin Warsh. En Europe aussi, les taux d’intérêt ont sensiblement baissé, ce qui, combiné à des perspectives de taux plus favorables, a contribué à la stabilisation des marchés boursiers. Actuellement, les rendements des obligations d’État à dix ans s’établissent à environ 4,1 % aux États-Unis, 2,75 % en ­Allemagne, 0,25 % en Suisse et 2,1 % au Japon.
  • Le niveau d’endettement élevé et toujours croissant à l’échelle mondiale ainsi que l’incertitude persistante en matière d’inflation, due notamment aux prix des matières premières, s’opposent à la pression politique en faveur d’une baisse des taux d’intérêt afin de garantir la soutenabilité du service de la dette. Dans le même temps, les tensions géopolitiques ont un effet modérateur sur les rendements et suscitent une demande soutenue pour les placements sûrs, en particulier les « valeurs refuges » telles que les obligations d’État suisses, ce qui, outre l’inflation déjà faible, exerce une pression supplémentaire sur les taux d’intérêt dans notre pays.

Taux d’intérêt des obligations d’État à 10 ans en % (5 ans)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Climat général favorable avec rotation et diversification

  • La saison des résultats financiers aux États-Unis est globalement réjouissante. Les bénéfices des entreprises ont augmenté d’environ 12 % par rapport à l’année précédente et ont largement dépassé les attentes, enregistrant une croissance à deux chiffres pour la cinquième fois consécutive. En Europe, le tableau est plus contrasté : dans l’Euro STOXX 600, l’évolution des bénéfices se rapproche du seuil de rentabilité et dépasse ainsi les attentes.
  • En Suisse, la saison des résultats est encore en plein essor. Les poids lourds de l’indice ont jusqu’à présent présenté des résultats solides et ont pour la plupart annoncé des augmentations de dividendes.
  • Dans le même temps, les progrès rapides dans le domaine de l’intelligence artificielle sont source d’incertitude. D’une part, on craint de plus en plus que des secteurs entiers ne soient bouleversés, d’autre part, on se demande avec scepticisme si les investissements de plusieurs milliards apporteront les bénéfices escomptés. Dans le domaine du « Software as a Service » en particulier, le lancement du Claude Code, qui permet la mise en place et la coordination de systèmes dits « agents » fonctionnant de manière indépendante, a entraîné une correction historique des cours dans ce secteur. Parallèlement, la forte augmentation de la demande de capacité de centres de données entraîne des pénuries d’approvisionnement et des hausses de prix significatives pour les puces de mémoire. Dans ce contexte, une large diversification reste essentielle pour les investisseurs, avec un accent sur l’Europe et la Suisse, ainsi que sur les titres de valeur et les petites et moyennes capitalisations.

Marchés des actions : performance depuis le 1.1.2026, indexée, en monnaie locale

Source : Bloomberg Finance L.P.

Consolidation à court terme de l’USD

  • Le dollar américain a continué à perdre de la valeur face au franc suisse en janvier, tombant à 0,76. Les niveaux les plus bas historiques ont été dus aux perturbations à court terme mais profondes du marché pendant la crise de l’euro en 2011 et à la suppression du taux plancher du franc suisse par rapport à l’euro le 15 janvier 2015, lorsque le dollar s’est effondré temporairement à respectivement 0,707 et 0,74. Même si un nouveau test de ces niveaux ne peut être exclu à moyen terme, nous considérons qu’une consolidation dans une fourchette de 0,76 à 0,78 est plus probable à court terme.
  • L’euro a également subi des pressions par rapport au franc suisse en début d’année, passant de 0,935 à environ 0,91. Nous considérons le niveau de 0,90 comme un soutien solide, notamment en raison de la politique monétaire largement synchronisée des deux banques centrales.
  • Dans l’ensemble, le franc suisse reste fort sur un large front et continue de bénéficier du statut de « valeur refuge » de la Suisse, mentionné précédemment, dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante et d’indiscipline budgétaire de nombreux autres pays et zones économiques.

Euro et dollar face au franc suisse (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Correction attendue depuis longtemps pour l’or

  • Le cours de l’or a augmenté d’environ 65 % en 2025 et a atteint un nouveau record historique en janvier, à près de 5’600 dollars l’once, ce qui correspond à une nouvelle hausse de près de 30 % en seulement un mois. Une correction des cours était attendue depuis longtemps, surtout après cette exagération massive. Elle s’est produite avec une baisse d’environ 21 % à 4’400 dollars américains en peu de temps, puis a laissé place à une phase de consolidation volatile. L’argent a évolué de manière similaire à l’or, mais avec des fluctuations nettement plus importantes. La hausse d’environ 70 % observée en janvier a été entièrement corrigée en seulement trois jours.
  • À moyen terme, l’or bénéficie des mêmes facteurs favorables que le franc suisse, mais de manière plus prononcée. En tant que réserve de valeur millénaire, exempte de dette, neutre et non reproductible à volonté, le métal précieux joue le rôle de « valeur refuge» ultime. De plus, les banques centrales mondiales transfèrent de plus en plus leurs réserves du dollar américain vers l’or, non seulement en raison de la situation budgétaire tendue aux États-Unis, mais aussi pour réduire le risque de gel potentiel des réserves de devises, comme celles décrétées dans le cadre des sanctions contre la Russie.
  • Nous restons optimistes pour le secteur des matières premières en général, car les programmes conjoncturels et d’armement maintiennent la demande à un niveau élevé. Dans le secteur de l’énergie, les tensions au Proche-Orient et les faibles niveaux des stocks de gaz allemands constituent aussi un soutien.

Indices des matières premières (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

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La présente publication sert uniquement à des fins informatives. Il ne s’agit ni d’une offre ni d’une recommandation d’acquisition ou de vente d’instruments financiers ou de prestations bancaires. La publication a été créée avec le concours d’Aquila. Nous n’en garantissons pas l’exactitude ni l’exhaustivité.

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