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Flash Placements Octobre 2026

La conjoncture reste solide aux États-Unis, tandis que l’inflation pousse les rendements à la hausse. En Europe, la politique budgétaire soutient la croissance. La BNS maintient ses taux à zéro.

01.10.2026

Executive Summary

  • Les commandes, le commerce de détail, le GDPNow et les indices des directeurs d’achat dessinent une conjoncture solide aux États-Unis. L’inflation qui en découle fait monter les rendements.
  • Dans la zone euro, le sentiment devance l’économie réelle ; la politique budgétaire allemande devrait porter la croissance vers 2 % en 2027, nettement au-dessus du consensus de 1,0 % et 1,1 %. La Suisse a enregistré une forte croissance au deuxième trimestre, portée par l’industrie pharmaceutique.
  • En septembre, la Fed, la BCE et la BoJ ont chacune relevé leurs taux de 25 points de base face à la poussée inflationniste liée à la guerre et à l’énergie, alors que les hausses de taux n’ont qu’un effet limité face à un choc d’offre. 
  • La BNS maintient sa politique de taux zéro.

Élections de mi-mandat aux États-Unis

  • Le 3 novembre, les États-Unis renouvellent l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants. Au Sénat, 35 des 100 sièges sont en jeu : 33 sièges ordinaires ainsi qu’une élection partielle dans l’Ohio et une en Floride. Les républicains défendant 22 de ces sièges, contre 13 seulement pour les démocrates, ce sont eux qui courent le plus grand risque.
  • Trump aborde le scrutin avec un taux d’opinions favorables de 38 %. Le dernier taux aussi faible était pour George W. Bush en 2006 ; seul Harry S. Truman faisait pire en 1946, avec 33 %. Tous deux ont perdu la majorité dans les deux chambres. En 1946, les républicains, alors dans l’opposition, avaient gagné 55 sièges à la Chambre et 12 au Sénat.
  • À une quarantaine de jours du scrutin, les marchés de prévisions prédisent un net basculement en faveur des démocrates. Polymarket estime la probabilité d’une majorité démocrate à 93 % à la Chambre des représentants et à 62 % au Sénat. Le Sénat reste donc ouvert. La seule majorité à la Chambre donnerait déjà aux démocrates un pouvoir de blocage sur le budget, aucun budget ne pouvant être adopté sans l’accord des deux chambres.
  • Il n’en résultera pas pour autant un retour à une politique prévisible. Le président conserve son droit de veto et peut continuer à gouverner par décrets en contournant le Congrès. Une impasse entre la Maison-Blanche et le Congrès est donc plus probable, avec des négociations budgétaires laborieuses, un risque accru de shutdown et des projets de loi largement bloqués.
  • Nous jugeons de manière critique la décision du gouvernement américain de renoncer aux observateurs électoraux de l’OSCE. Elle affaiblit le contrôle indépendant du scrutin et accroît le risque que le résultat soit contesté.

Quel parti remportera le Sénat ?

Source : Bloomberg Finance L.P.

Données objectives solides, consommateurs inquiets

  • Aux États-Unis, les commandes préliminaires de juillet ont fortement progressé de 1,1 % par rapport au mois précédent. Les ventes au détail ont évolué tout aussi favorablement en août, avec une hausse de 1,2 % sur un mois, ce que confirme le modèle de prévision GDPNow de la Fed d’Atlanta. Sur la base des données conjoncturelles courantes, celui-ci calcule une croissance réelle annualisée de 5,0 %. S’y ajoutent les indices des directeurs d’achat de S&P Global, qui ont nettement dépassé les attentes en septembre et dessinent durablement une image très positive. Les rendements des emprunts d’État ont alors nettement augmenté : après le premier relèvement de la Fed, les marchés tablent désormais sur de nouvelles hausses et un cycle de taux plus long, ce qui influence négativement les marchés des capitaux.
  • Les données conjoncturelles solides expliquent aussi la forte demande et, dès lors, l’inflation élevée, quelle que soit la base de calcul (consommation, dépenses, sous-jacente ou globale). La hausse des coûts, à son tour, exerce un effet négatif sur le moral des consommateurs mesuré par le Conference Board, tombé en août à 89,4 points, soit le niveau de la pandémie de Covid, lorsque le moral avait touché son point le plus bas.
  • Pour l’heure, nous estimons que les aspects favorables garderont le dessus.
  • Dans les grandes économies de la zone euro, les chiffres de croissance réelle déçoivent, tandis que les indicateurs de sentiment et les perspectives s’améliorent nettement à partir d’un niveau bas.
  • Cette confiance devrait aussi gagner l’économie réelle au cours des prochains trimestres. La politique de dépenses favorable à l’économie menée en Allemagne apportera au marché intérieur la croissance attendue de longue date et se répercutera positivement sur les partenaires commerciaux. Nous jugeons le consensus des économistes de 1 % pour 2026 et de 1,1 % pour l’an prochain nettement trop bas et attendons une progression de près de 2 % sur cette période.
  • Au deuxième trimestre, l’économie suisse a connu sa plus forte croissance depuis 2021. Près de la moitié de cette hausse provient toutefois de l’industrie pharmaceutique, très volatile, qui a déjà perdu de son élan en août. Alors que la BCE et la Fed resserrent, la BNS maintient pour l’instant sa politique de taux zéro. La dépréciation du franc qui en résulte soutient les exportateurs et fait légèrement monter l’inflation, sans la faire sortir de la marge cible. Nous jugeons positif que, pour cette raison aussi, une reprise se dessine actuellement dans les branches sensibles à la conjoncture, comme l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux.

Fed d’Atlanta GDPNow

Source : Bloomberg Finance L.P.

Allemagne : les indices des directeurs d’achat progressent

Source : Bloomberg Finance L.P.

Nouveau cycle de resserrement aussi aux États-Unis

  • En septembre, la BCE, la Fed et la Banque du Japon ont relevé leurs taux directeurs de 25 points de base, respectivement à 2,50 %, 3,75 %–4,00 % et 1,25 %. Elles justifient ces hausses par les pressions inflationnistes liées à la guerre et à l’énergie. Face à ce choc d’offre, leur effet est toutefois limité : elles ne réduisent pas le prix du pétrole, mais visent à éviter un ancrage de l’inflation dans les salaires et les anticipations.
  • La décision de la Fed est la plus significative. Malgré l’attente de Donald Trump d’une baisse des taux, le FOMC les a relevés à l’unanimité. Kevin Warsh justifie cette décision par la solidité de la croissance, les risques géopolitiques et la persistance des pressions inflationnistes. La Fed a relevé ses prévisions d’inflation PCE pour 2026 à 3,7 % et d’inflation sous-jacente à 3,4 %. Elle ne considérera le cycle comme achevé que lorsque cette dernière se rapprochera de 2 %. Le marché anticipe encore une hausse d’ici fin 2026 et deux en 2027. Le rendement à dix ans, supérieur à 5,2 %, atteint son plus haut niveau depuis 2007, ­signalant des conditions monétaires jugées encore insuffisamment restrictives.
  • Au Japon, l’inflation globale et sous-jacente atteint respectivement 1,9 % et 1,6 %, maintenant le taux réel à court terme en territoire négatif. La BoJ agit préventivement face au risque d’accélération de l’inflation, de spirale salaires-prix et de faiblesse du yen. Le marché prévoit deux nouvelles hausses en 2027.
  • Malgré le redressement de la croissance, la BNS maintient son taux à 0 %, grâce à une inflation faible. Elle reste prête à intervenir sur le marché des changes, mais le franc s’affaiblit déjà sous l’effet des écarts de taux. Le marché ne prévoit des hausses qu’en mars et juin 2027.

Prévisions de taux d’intérêt en Suisse : notre évaluation (en septembre 2026

  • La Banque nationale suisse maintient son taux directeur à 0 % depuis la mi-2025 et devrait poursuivre cette politique monétaire jusqu’à nouvel avis.
  • Le groupe d’experts de la Confédération a relevé sa prévision de croissance pour 2026 de 0,9 % à 1,7 %.
  • Les rendements, et donc les taux des hypothèques à taux fixe, devraient par conséquent continuer à augmenter. Nous jugeons toujours le moment favorable pour fixer les conditions actuelles à plus long terme et recommandons, si possible, d’échelonner les échéances.
  • Un faible endettement public et la stabilité politique soutiennent le franc et posent les bases d’une inflation basse en comparaison internationale. La faible dépendance au pétrole y contribue : la Suisse couvre environ 60 % de son électricité par l’hydraulique et un bon tiers par le nucléaire, le pétrole étant surtout utilisé dans les transports et le chauffage. La poussée inflationniste d’août résulte pourtant précisément de la hausse des prix des produits pétroliers et de leurs coûts de transport.


Suisse : Prévisions de taux

Source : Aquila SA, Bloomberg Finance L.P.

États-Unis : taux directeur de la Fed et rendements des emprunts d’État à différentes échéances

Source : Bloomberg Finance L.P.

Resserrement monétaire et retenue des acheteurs

  • Des taux d’inflation obstinément supérieurs aux objectifs ont conduit les principales banques centrales à resserrer leur politique. Les marchés obligataires suivent : les rendements montent sur l’ensemble de la courbe des échéances. Les emprunts d’État à dix ans rapportent plus de 5,2 % aux États-Unis, plus de 5,3 % au Royaume-Uni, plus de 3,6 % en Allemagne, plus de 3,1 % au Japon et plus de 0,6 % en Suisse.
  • La France mérite une attention particulière. Son rendement à dix ans a dépassé 4,7 % et se situe ainsi au-dessus de ceux de ­l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Le marché juge donc la France plus risquée que les anciens maillons faibles de la zone euro, en raison de l’état critique de ses finances publiques.
  • La poursuite du cycle de resserrement retient les acheteurs. Tant que de nouvelles hausses de taux sont prévues, des pertes de cours menacent ; les investisseurs attendent donc. La demande ne devrait revenir que lorsque les rendements atteindront un niveau compensant de nouvelles hausses, ou lorsque la fin du cycle se dessinera. Ce n’est pas le cas actuellement.
  • Les adjudications confirment cette retenue en Allemagne et aux États-Unis, où l’effondrement de la demande des acheteurs étrangers est déterminant.

Taux des emprunts d’État à 10 ans en %, 3 ans

Source : Bloomberg Finance L.P.

Bénéfices et conjoncture en soutien, effet négatif du régime des taux

  • Au deuxième trimestre, les entreprises américaines ont accru leurs bénéfices de 35 % sur un an, avec une dynamique un peu plus largement répartie entre les secteurs qu’auparavant. Pour le troisième trimestre, FactSet prévoit une croissance légèrement inférieure de 28,9 %. Les analystes ont relevé leurs estimations de 1,6 % depuis fin juin. Grâce au prix du pétrole, le secteur de l’énergie contribue par une hausse de plus de 100 %. Puis un ralentissement devrait s’expliquer par la baisse des marges nettes et en partie par l’effet de base, qui se fera pleinement sentir en 2027.
  • En Europe, les prévisions de bénéfices ont été fortement relevées en cours d’année. Goldman Sachs attend pour le Stoxx 600 une croissance de 15 % en 2026, contre 5 % encore en janvier. Environ la moitié de la hausse revient aux sociétés de matières premières, ce qui rend la révision à la hausse plus fragile qu’il n’y paraît.
  • L’Allemagne présente l’image inverse. En 2026, la croissance attendue des bénéfices, à 8 %, est inférieure à la moyenne européenne ; en 2027, elle devrait s’accélérer à environ 16 % grâce à la reprise cyclique et aux impulsions budgétaires.
  • L’évolution des bénéfices reste ainsi un soutien solide pour les indices d’actions et fait contrepoids aux évolutions défavorables sur le marché obligataire.

Marchés des actions : performance depuis le 1.1.2026, indexée, en monnaie locale

Source : Bloomberg Finance L.P.

Décisions des banques centrales, écarts de taux et interventions

  • La BNS salue la faiblesse du franc, que sa politique de taux zéro accentue puisque la BCE et la Fed resserrent simultanément leurs politiques. Après la décision de la BNS, le dollar est monté à environ 0,83 franc, son plus haut niveau depuis 16 mois. Les marchés prévoyant un écart de taux toujours plus large, cette tendance haussière devrait se poursuivre.
  • Face à l’euro, le franc fait du surplace depuis le début du mois : l’EUR/CHF cote inchangé à environ 0,9450, mais nettement au-dessus du plus bas de mars, proche de 0,90.
  • Pour l’économie suisse, l’affaiblissement du franc a deux facettes. Il donne un coup de pouce aux exportateurs, mais renchérit en même temps les importations et fait ainsi légèrement monter l’inflation. Tant que le franc recule, les interventions ne sont pas nécessaires.
  • Pour le yen, deux instruments se combinent : les hausses de taux de la BoJ et l’intervention coordonnée des États-Unis et du Japon. L’intervention n’a eu qu’un effet passager et la politique de taux ne suffit pas à inverser la tendance. Avec un taux directeur de 1,25 %, une inflation globale de 1,9 % et une inflation sous-jacente de 1,6 %, le taux réel reste négatif et la BoJ en retard sur la courbe.

Euro et dollar face au franc suisse (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Influence politique sur les prix des matières premières

  • À l’approche des élections de mi-mandat, les prix de l’énergie reviennent au premier plan. À la pompe, le diesel a atteint un record de plus de USD 6,50 le gallon, avec un effet indirect et étendu : en tant que carburant du transport de marchandises, de l’agriculture et de la construction, il se répercute sur les prix à la consommation via les coûts de transport.
  • Les discussions entre les États-Unis et l’Iran en marge de l’Assemblée générale de l’ONU devraient surtout servir à entretenir le climat. Les deux parties suivent une logique compréhensible. Trump a besoin d’une baisse des prix de l’énergie avant le 3 novembre et se montre donc ouvert à la négociation. L’Iran, en revanche, n’a guère de raisons de faire des concessions avant le scrutin, car un accord conclu après lui donnerait davantage de poids dans les négociations. La perspective d’un accord après les élections de mi-mandat s’inscrit dans cette logique. Nous n’attendons donc pas de rapprochement substantiel entre des positions très éloignées.
  • Nous considérons donc les replis à court terme comme des opportunités d’achat pour les matières premières et les actions du secteur de l’énergie. Le risque réside dans une percée des négociations, surprenante et de grande portée, mais peu probable.

Indices des matières premières (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Élections de mi-mandat aux États-Unis

  • Le 3 novembre, les États-Unis renouvellent l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants. Au Sénat, 35 des 100 sièges sont en jeu : 33 sièges ordinaires ainsi qu’une élection partielle dans l’Ohio et une en Floride. Les républicains défendant 22 de ces sièges, contre 13 seulement pour les démocrates, ce sont eux qui courent le plus grand risque.
  • Trump aborde le scrutin avec un taux d’opinions favorables de 38 %. Le dernier taux aussi faible était pour George W. Bush en 2006 ; seul Harry S. Truman faisait pire en 1946, avec 33 %. Tous deux ont perdu la majorité dans les deux chambres. En 1946, les républicains, alors dans l’opposition, avaient gagné 55 sièges à la Chambre et 12 au Sénat.
  • À une quarantaine de jours du scrutin, les marchés de prévisions prédisent un net basculement en faveur des démocrates. Polymarket estime la probabilité d’une majorité démocrate à 93 % à la Chambre des représentants et à 62 % au Sénat. Le Sénat reste donc ouvert. La seule majorité à la Chambre donnerait déjà aux démocrates un pouvoir de blocage sur le budget, aucun budget ne pouvant être adopté sans l’accord des deux chambres.
  • Il n’en résultera pas pour autant un retour à une politique prévisible. Le président conserve son droit de veto et peut continuer à gouverner par décrets en contournant le Congrès. Une impasse entre la Maison-Blanche et le Congrès est donc plus probable, avec des négociations budgétaires laborieuses, un risque accru de shutdown et des projets de loi largement bloqués.
  • Nous jugeons de manière critique la décision du gouvernement américain de renoncer aux observateurs électoraux de l’OSCE. Elle affaiblit le contrôle indépendant du scrutin et accroît le risque que le résultat soit contesté.

Quel parti remportera le Sénat ?

Source : Bloomberg Finance L.P.

Données objectives solides, consommateurs inquiets

  • Aux États-Unis, les commandes préliminaires de juillet ont fortement progressé de 1,1 % par rapport au mois précédent. Les ventes au détail ont évolué tout aussi favorablement en août, avec une hausse de 1,2 % sur un mois, ce que confirme le modèle de prévision GDPNow de la Fed d’Atlanta. Sur la base des données conjoncturelles courantes, celui-ci calcule une croissance réelle annualisée de 5,0 %. S’y ajoutent les indices des directeurs d’achat de S&P Global, qui ont nettement dépassé les attentes en septembre et dessinent durablement une image très positive. Les rendements des emprunts d’État ont alors nettement augmenté : après le premier relèvement de la Fed, les marchés tablent désormais sur de nouvelles hausses et un cycle de taux plus long, ce qui influence négativement les marchés des capitaux.
  • Les données conjoncturelles solides expliquent aussi la forte demande et, dès lors, l’inflation élevée, quelle que soit la base de calcul (consommation, dépenses, sous-jacente ou globale). La hausse des coûts, à son tour, exerce un effet négatif sur le moral des consommateurs mesuré par le Conference Board, tombé en août à 89,4 points, soit le niveau de la pandémie de Covid, lorsque le moral avait touché son point le plus bas.
  • Pour l’heure, nous estimons que les aspects favorables garderont le dessus.
  • Dans les grandes économies de la zone euro, les chiffres de croissance réelle déçoivent, tandis que les indicateurs de sentiment et les perspectives s’améliorent nettement à partir d’un niveau bas.
  • Cette confiance devrait aussi gagner l’économie réelle au cours des prochains trimestres. La politique de dépenses favorable à l’économie menée en Allemagne apportera au marché intérieur la croissance attendue de longue date et se répercutera positivement sur les partenaires commerciaux. Nous jugeons le consensus des économistes de 1 % pour 2026 et de 1,1 % pour l’an prochain nettement trop bas et attendons une progression de près de 2 % sur cette période.
  • Au deuxième trimestre, l’économie suisse a connu sa plus forte croissance depuis 2021. Près de la moitié de cette hausse provient toutefois de l’industrie pharmaceutique, très volatile, qui a déjà perdu de son élan en août. Alors que la BCE et la Fed resserrent, la BNS maintient pour l’instant sa politique de taux zéro. La dépréciation du franc qui en résulte soutient les exportateurs et fait légèrement monter l’inflation, sans la faire sortir de la marge cible. Nous jugeons positif que, pour cette raison aussi, une reprise se dessine actuellement dans les branches sensibles à la conjoncture, comme l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux.

Fed d’Atlanta GDPNow

Source : Bloomberg Finance L.P.

Allemagne : les indices des directeurs d’achat progressent

Source : Bloomberg Finance L.P.

Nouveau cycle de resserrement aussi aux États-Unis

  • En septembre, la BCE, la Fed et la Banque du Japon ont relevé leurs taux directeurs de 25 points de base, respectivement à 2,50 %, 3,75 %–4,00 % et 1,25 %. Elles justifient ces hausses par les pressions inflationnistes liées à la guerre et à l’énergie. Face à ce choc d’offre, leur effet est toutefois limité : elles ne réduisent pas le prix du pétrole, mais visent à éviter un ancrage de l’inflation dans les salaires et les anticipations.
  • La décision de la Fed est la plus significative. Malgré l’attente de Donald Trump d’une baisse des taux, le FOMC les a relevés à l’unanimité. Kevin Warsh justifie cette décision par la solidité de la croissance, les risques géopolitiques et la persistance des pressions inflationnistes. La Fed a relevé ses prévisions d’inflation PCE pour 2026 à 3,7 % et d’inflation sous-jacente à 3,4 %. Elle ne considérera le cycle comme achevé que lorsque cette dernière se rapprochera de 2 %. Le marché anticipe encore une hausse d’ici fin 2026 et deux en 2027. Le rendement à dix ans, supérieur à 5,2 %, atteint son plus haut niveau depuis 2007, ­signalant des conditions monétaires jugées encore insuffisamment restrictives.
  • Au Japon, l’inflation globale et sous-jacente atteint respectivement 1,9 % et 1,6 %, maintenant le taux réel à court terme en territoire négatif. La BoJ agit préventivement face au risque d’accélération de l’inflation, de spirale salaires-prix et de faiblesse du yen. Le marché prévoit deux nouvelles hausses en 2027.
  • Malgré le redressement de la croissance, la BNS maintient son taux à 0 %, grâce à une inflation faible. Elle reste prête à intervenir sur le marché des changes, mais le franc s’affaiblit déjà sous l’effet des écarts de taux. Le marché ne prévoit des hausses qu’en mars et juin 2027.

Prévisions de taux d’intérêt en Suisse : notre évaluation (en septembre 2026

  • La Banque nationale suisse maintient son taux directeur à 0 % depuis la mi-2025 et devrait poursuivre cette politique monétaire jusqu’à nouvel avis.
  • Le groupe d’experts de la Confédération a relevé sa prévision de croissance pour 2026 de 0,9 % à 1,7 %.
  • Les rendements, et donc les taux des hypothèques à taux fixe, devraient par conséquent continuer à augmenter. Nous jugeons toujours le moment favorable pour fixer les conditions actuelles à plus long terme et recommandons, si possible, d’échelonner les échéances.
  • Un faible endettement public et la stabilité politique soutiennent le franc et posent les bases d’une inflation basse en comparaison internationale. La faible dépendance au pétrole y contribue : la Suisse couvre environ 60 % de son électricité par l’hydraulique et un bon tiers par le nucléaire, le pétrole étant surtout utilisé dans les transports et le chauffage. La poussée inflationniste d’août résulte pourtant précisément de la hausse des prix des produits pétroliers et de leurs coûts de transport.


Suisse : Prévisions de taux

Source : Aquila SA, Bloomberg Finance L.P.

États-Unis : taux directeur de la Fed et rendements des emprunts d’État à différentes échéances

Source : Bloomberg Finance L.P.

Resserrement monétaire et retenue des acheteurs

  • Des taux d’inflation obstinément supérieurs aux objectifs ont conduit les principales banques centrales à resserrer leur politique. Les marchés obligataires suivent : les rendements montent sur l’ensemble de la courbe des échéances. Les emprunts d’État à dix ans rapportent plus de 5,2 % aux États-Unis, plus de 5,3 % au Royaume-Uni, plus de 3,6 % en Allemagne, plus de 3,1 % au Japon et plus de 0,6 % en Suisse.
  • La France mérite une attention particulière. Son rendement à dix ans a dépassé 4,7 % et se situe ainsi au-dessus de ceux de ­l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Le marché juge donc la France plus risquée que les anciens maillons faibles de la zone euro, en raison de l’état critique de ses finances publiques.
  • La poursuite du cycle de resserrement retient les acheteurs. Tant que de nouvelles hausses de taux sont prévues, des pertes de cours menacent ; les investisseurs attendent donc. La demande ne devrait revenir que lorsque les rendements atteindront un niveau compensant de nouvelles hausses, ou lorsque la fin du cycle se dessinera. Ce n’est pas le cas actuellement.
  • Les adjudications confirment cette retenue en Allemagne et aux États-Unis, où l’effondrement de la demande des acheteurs étrangers est déterminant.

Taux des emprunts d’État à 10 ans en %, 3 ans

Source : Bloomberg Finance L.P.

Bénéfices et conjoncture en soutien, effet négatif du régime des taux

  • Au deuxième trimestre, les entreprises américaines ont accru leurs bénéfices de 35 % sur un an, avec une dynamique un peu plus largement répartie entre les secteurs qu’auparavant. Pour le troisième trimestre, FactSet prévoit une croissance légèrement inférieure de 28,9 %. Les analystes ont relevé leurs estimations de 1,6 % depuis fin juin. Grâce au prix du pétrole, le secteur de l’énergie contribue par une hausse de plus de 100 %. Puis un ralentissement devrait s’expliquer par la baisse des marges nettes et en partie par l’effet de base, qui se fera pleinement sentir en 2027.
  • En Europe, les prévisions de bénéfices ont été fortement relevées en cours d’année. Goldman Sachs attend pour le Stoxx 600 une croissance de 15 % en 2026, contre 5 % encore en janvier. Environ la moitié de la hausse revient aux sociétés de matières premières, ce qui rend la révision à la hausse plus fragile qu’il n’y paraît.
  • L’Allemagne présente l’image inverse. En 2026, la croissance attendue des bénéfices, à 8 %, est inférieure à la moyenne européenne ; en 2027, elle devrait s’accélérer à environ 16 % grâce à la reprise cyclique et aux impulsions budgétaires.
  • L’évolution des bénéfices reste ainsi un soutien solide pour les indices d’actions et fait contrepoids aux évolutions défavorables sur le marché obligataire.

Marchés des actions : performance depuis le 1.1.2026, indexée, en monnaie locale

Source : Bloomberg Finance L.P.

Décisions des banques centrales, écarts de taux et interventions

  • La BNS salue la faiblesse du franc, que sa politique de taux zéro accentue puisque la BCE et la Fed resserrent simultanément leurs politiques. Après la décision de la BNS, le dollar est monté à environ 0,83 franc, son plus haut niveau depuis 16 mois. Les marchés prévoyant un écart de taux toujours plus large, cette tendance haussière devrait se poursuivre.
  • Face à l’euro, le franc fait du surplace depuis le début du mois : l’EUR/CHF cote inchangé à environ 0,9450, mais nettement au-dessus du plus bas de mars, proche de 0,90.
  • Pour l’économie suisse, l’affaiblissement du franc a deux facettes. Il donne un coup de pouce aux exportateurs, mais renchérit en même temps les importations et fait ainsi légèrement monter l’inflation. Tant que le franc recule, les interventions ne sont pas nécessaires.
  • Pour le yen, deux instruments se combinent : les hausses de taux de la BoJ et l’intervention coordonnée des États-Unis et du Japon. L’intervention n’a eu qu’un effet passager et la politique de taux ne suffit pas à inverser la tendance. Avec un taux directeur de 1,25 %, une inflation globale de 1,9 % et une inflation sous-jacente de 1,6 %, le taux réel reste négatif et la BoJ en retard sur la courbe.

Euro et dollar face au franc suisse (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

Influence politique sur les prix des matières premières

  • À l’approche des élections de mi-mandat, les prix de l’énergie reviennent au premier plan. À la pompe, le diesel a atteint un record de plus de USD 6,50 le gallon, avec un effet indirect et étendu : en tant que carburant du transport de marchandises, de l’agriculture et de la construction, il se répercute sur les prix à la consommation via les coûts de transport.
  • Les discussions entre les États-Unis et l’Iran en marge de l’Assemblée générale de l’ONU devraient surtout servir à entretenir le climat. Les deux parties suivent une logique compréhensible. Trump a besoin d’une baisse des prix de l’énergie avant le 3 novembre et se montre donc ouvert à la négociation. L’Iran, en revanche, n’a guère de raisons de faire des concessions avant le scrutin, car un accord conclu après lui donnerait davantage de poids dans les négociations. La perspective d’un accord après les élections de mi-mandat s’inscrit dans cette logique. Nous n’attendons donc pas de rapprochement substantiel entre des positions très éloignées.
  • Nous considérons donc les replis à court terme comme des opportunités d’achat pour les matières premières et les actions du secteur de l’énergie. Le risque réside dans une percée des négociations, surprenante et de grande portée, mais peu probable.

Indices des matières premières (12 mois)

Source : Bloomberg Finance L.P.

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Cette publication a été réalisée en collaboration avec Aquila.

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