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Flash Placements Août 2026
Les données économiques s'améliorent des deux côtés de l'Atlantique. Dans le même temps, les tensions géopolitiques, l'inflation et les rendements obligataires élevés continuent de susciter des incertitudes.
Executive Summary
- Les indicateurs avancés se redressent sur un large front : le ZEW en Allemagne ainsi que les indices des directeurs d’achat et le climat de consommation aux États-Unis progressent nettement.
- La réescalade au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie alimentent les anticipations d’inflation. Le renchérissement dépasse généralement l’objectif de 2 % ; la Suisse, avec 0,2 %, conserve une position particulière.
- La BCE a laissé ses taux directeurs inchangés le 23 juillet ; la Fed, la BoE et la BoJ devraient elles aussi opter pour le statu quo en fin de mois. L’indépendance de la Fed est mise à l’épreuve.
- Les rendements sur la partie longue de la courbe évoluent à un plus haut de plusieurs décennies.
Le meilleur et en même temps le pire marché actions au monde
- La Bourse sud-coréenne a enchaîné les records au premier semestre. L’indice de référence Kospi a temporairement gagné plus de 100 %, davantage que toute autre grande place. Depuis la mi-juin, ce même marché est aussi le plus grand perdant : l’indice a cédé environ un quart de sa valeur, avec une volatilité supérieure au niveau des crises de 1997 et 2008. Au bilan, il reste néanmoins une progression d’environ 60 % depuis le début de l’année. Cette ascension a un fondement réel : Samsung et SK Hynix dominent le marché mondial des puces mémoire, piliers essentiels du boom de l’IA, et leurs bénéfices ont été multipliés.
- Le problème réside dans la structure du marché. Les deux titres ont représenté près de 60 % du poids de l’indice. De plus, les investisseurs privés coréens, connus pour leur appétit du risque, assurent environ la moitié du volume de transactions – de plus en plus à crédits lombards garantis par des titres ont atteint un record en juin, avec l’équivalent d’environ 26 milliards USD, et l’endettement total des investisseurs a dépassé 40 milliards USD. S’y sont ajoutés des ETF à effet de levier, qui promettent le double de la variation quotidienne des cours et doivent vendre mécaniquement en cas de baisse, en plein cœur du mouvement baissier.
- Lors de la correction, plus de 1,2 million de comptes ont déclenché des appels de marge ; près de 350’000 ont même été liquidés d’office par les courtiers. L’autorité de surveillance a alors suspendu l’homologation de nouveaux ETF à effet de levier et triple, d’ici fin juillet, le dépôt minimal, seules les liquidités comptant désormais comme garantie. Cette mesure vise à stabiliser, mais bride en même temps le pouvoir d’achat des investisseurs privés qui, jusqu’ici, avaient absorbé chaque correction.
KOSPI Composite Index, depuis le 1.1.2026
Source : Bloomberg Finance L.P.
Meilleur climat malgré une pression latente sur les prix
- L’Allemagne, première économie d’Europe, poursuit un redressement vigoureux selon l’enquête ZEW de juillet. L’indice mesure avant tout les prévisions des experts des marchés financiers à un horizon de six mois – et ce sont précisément elles qui bondissent de 10,5 à 26,3 points, nettement au-dessus des estimations des analystes. Les directeurs d’achat font eux aussi état de meilleures valeurs, dans l’industrie comme dans les services.
- Ces chiffres tiennent déjà compte du recul des prix du pétrole, de la hausse consécutive à la nouvelle escalade, ainsi que de l’attente que cette dernière poussée reste temporaire. En juin, l’inflation globale et l’inflation sous-jacente se sont de nouveau quelque peu détendues.
- Les prix à la production restent toutefois élevés: Japon 7,1 %, États-Unis 6,7 %, zone euro 5,9 % et Chine 4,1 %. Le chiffre chinois mérite attention, car les prix à la production y ont longtemps généré peu de pression. Rapportées à l’inflation des prix à la consommation, ces valeurs sont élevées. Les producteurs de biens et de services ont déjà supporté ces coûts.
- Deux voies en découlent: soit ils répercutent ces coûts sur les consommateurs avec un décalage, soit ils acceptent des marges plus faibles. La voie qui dominera dépend du pouvoir de fixation des prix et de la demande dans chaque secteur. Pour l’inflation globale, nous attendons donc une pression persistante mais mesurée. Une nouvelle hausse des prix du pétrole constitue le principal risque haussier pour cette évaluation.
- L’enquête de l’Université du Michigan auprès des consommateurs montre une nouvelle reprise marquée. L’appréciation de la situation actuelle, les anticipations et l’indice global dépassent désormais tous les 54 points. L’écart par rapport au plus bas historique se creuse, mais la moyenne de long terme de 86 reste lointaine. Le climat s’améliore donc à partir d’un niveau très bas. Il ne s’agit pas encore d’une normalisation. Les anticipations d’inflation à court terme reculent à 4,2 % et demeurent élevées. L’anticipation à long terme, plus déterminante pour la Fed, se maintient à 3,3 % comme le mois précédent et dépasse nettement la cible de 2 %. Tant que cette valeur ne baisse pas, la marge de manœuvre de la banque centrale reste limitée.
- Tant la géopolitique que la politique commerciale américaine demeurent les grands facteurs d’incertitude qui menacent l’économie mondiale.
Allemagne : ZEW et PIB, 30 ans
Source : Bloomberg Finance L.P.
Prix à la production : indices des directeurs d’achat, secteur manufacturier
Source : Bloomberg Finance L.P.
Une pause – de nombreuses questions ouvertese
- Après une hausse en juin, la BCE a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 23 juillet : facilité de dépôt 2,25 %, taux de refinancement principal 2,4 % et facilité de prêt marginal 2,65 %. Les incertitudes géopolitiques restent préoccupantes selon la BCE. Aucune indication n’a été donnée sur d’éventuelles mesures supplémentaires. Le marché s’attend toutefois à une hausse de 25 points de base au plus tard lors de la réunion d’octobre et à au moins un nouveau relèvement en 2027.
- À la suite de ce statu quo attendu, les rendements ont légèrement augmenté et l’euro s’est retrouvé brièvement sous pression, mais a terminé la journée inchangée.
- La Réserve fédérale américaine laisse elle aussi son taux directeur inchangé à 3,50 %–3,75 %. Trois membres ont toutefois voté en faveur d’une hausse. Kevin Warsh a réaffirmé que la cible d’inflation de 2 % restait inchangée.
- D’ici la fin du mois, les autres banques centrales devraient elles aussi maintenir leur politique inchangée. Malgré une inflation toujours supérieure à l’objectif, grâce à des chiffres d’inflation modérés en juin, le risque de récession et l’efficacité limitée de nouvelles hausses de taux plaident pour la prudence.
- L’élection de Kevin Warsh remet également au premier plan la question de l’indépendance politique de la Fed. L’endettement élevé et la hausse des taux accroissent la pression politique.
La BNS se réunira le 24 septembre. Là aussi, aucun ajustement n’est attendu. Une inflation proche de zéro ainsi que le recul des prix à l’importation et à la production plaident pour le maintien du statu quo. - La Suisse reste inscrite, avec neuf autres pays, sur la liste américaine de surveillance des manipulations de devises. Après les déclarations de Martin Schlegel sur les interventions de la BNS et compte tenu de la faiblesse actuelle du franc, cette situation devrait perdurer.
Prévisions de taux d‘intérêt en Suisse : Notre évaluation de fin avril 2026
- La Banque nationale suisse a laissé son taux directeur inchangé à 0 % le 18 juin. Les taux des hypothèques SARON ne changent donc pas dans l’immédiat, car ils s’alignent sur les orientations des gardiens de la monnaie.
À moyen terme, nous voyons toutefois la possibilité d’une hausse du taux directeur, car les prix durablement plus élevés des matières premières entraîneront aussi en Suisse une inflation plus forte.
La phase de forte vigueur du franc semble avoir provisoirement dépassé son point culminant. Alors que l’appréciation avait exercé un effet modérateur sur l’inflation importée, la faiblesse du franc agit désormais plutôt dans un sens inflationniste.
La dépendance au pétrole est nettement plus faible ici qu’à l’étranger – la Suisse couvre environ 60 % de son électricité par l’hydraulique et un bon tiers par le nucléaire, tandis que le pétrole joue surtout un rôle dans les transports et le chauffage.
Suisse : Prévisions de taux
Source : Aquila SA, Bloomberg Finance L.P.
Écarts de taux : obligations d'entreprises, marchés émergents et à haut rendement
Source : Bloomberg Finance L.P.
Les prix de l’énergie et les anticipations d’inflation poussent les rendements
- Les nouvelles attaques qui embrasent le Moyen-Orient poussent à nouveau à la hausse les prix de l’énergie et les anticipations d’inflation. Dans leur sillage, les rendements des obligations d’État à dix ans augmentent également. Aux États-Unis, ils s’établissent à 4,7 %, près d’un plus haut de 19 ans, et le Royaume-Uni offre une image similaire. L’Allemagne atteint avec 3,2 % un niveau observé pour la dernière fois il y a 15 ans ; au Japon, une forte hausse a ramené les rendements à leur niveau de 1996, soit 2,8 %.
- Ces taux plus élevés devraient perdurer et alourdir sensiblement la charge d’intérêts sur la dette publique de ces pays. La Suisse fait exception : la solidité de ses finances publiques et la faiblesse de l’inflation maintiennent le rendement des obligations d’État suisses à dix ans – qui s’établit actuellement à 0,5 % – à un niveau toujours bas.
- Les primes de risque restent quant à elles étonnamment calmes. Malgré une situation géopolitique tendue, les spreads des obligations des marchés émergents, d’entreprises et à haut rendement évoluent à des niveaux historiquement serrés, comme on n’en avait plus observé avant la crise financière de 2008/09. Le coussin est donc mince et les placements dans ce segment ne rémunèrent guère le risque.
Taux des obligations d’État à 10 ans en %, 30 ans
Source : Bloomberg Finance L.P.
Boom de l’IA : la facture est refinancée
- Ni la hausse des rendements ni le renchérissement de l’énergie n’ont jusqu’ici sérieusement freiné les marchés actions. La plupart des indices des pays industrialisés évoluent toujours près de leurs plus hauts historiques.
- La saison des résultats du deuxième trimestre a débuté et le premier « hyperscaler », Alphabet, a dépassé les attentes : le chiffre d’affaires a progressé de 24 % à 120 milliards USD, l’activité cloud de 82 %. Le bond du bénéfice à 112 milliards USD provient toutefois en grande partie de la réévaluation de la participation dans SpaceX après son introduction en bourse, un gain comptable sans substance opérationnelle. Plus déterminant : Alphabet a de nouveau relevé ses prévisions d’investissement pour 2026 à 205 milliards USD et le flux de trésorerie disponible est passé en territoire négatif. L’ancien champion du cash-flow finance désormais le développement de l’IA par des émissions d’obligations ou d’actions, et non plus à partir de son activité courante.
- Contrairement à la « bulle techno » de 2000, les chiffres d’affaires et les bénéfices croissent réellement et à deux chiffres, ce qui plaide contre une bulle ; en revanche, des investissements records sont de plus en plus financés par la dette et le rendement du capital investi reste non chiffré – des caractéristiques classiques de fin de cycle. La situation devient critique si la croissance du cloud faiblit avant que les investissements ne soient monétisés.
- Nous restons investis, veillons à la qualité des flux de trésorerie et maintenons notre anticipation d’un élargissement de la base du marché.
Marchés d’actions : performance depuis le 1.1.2026, indexée, en monnaie locale
Source : Bloomberg Finance L.P.
Faiblesse du franc
- L’euro a franchi la résistance technique à 0,93 franc et signale un potentiel d’appréciation supplémentaire ; après être tombé jusqu’à 0,90 en début d’année, il a ainsi effacé ses pertes de cours. Le dollar américain poursuit sa tendance à l’appréciation et évolue à 0,82, à un plus haut annuel.
- Le franc et le yen sont pénalisés par le différentiel de taux négatif face aux principales devises, surtout face au dollar américain. La paire USD/JPY a franchi le seuil symboliquement important de 160 et, à 163, a de nouveau atteint de tels niveaux pour la première fois depuis 1986. Le ministère japonais des Finances s’y est opposé en avril et mai par des interventions record représentant l’équivalent de plus de 70 milliards USD ; l’effet s’est dissipé en six semaines. Le risque tient moins à la faiblesse du yen elle-même qu’à un revirement brutal : partout dans le monde, les investisseurs financent au moyen de crédits bon marché en yens des placements dans des devises mieux rémunérées, mais surtout des actions américaines. Si le yen s’apprécie soudainement, ces « carry trades » doivent être dénoués d’un coup pour couvrir des dettes désormais plus coûteuses. En août 2024, une hausse des taux à Tokyo, de faibles chiffres du marché du travail et les baisses de taux alors anticipées aux États-Unis ont suffi à déclencher un tel revirement et à faire décrocher les marchés actions dans le monde entier.
Euro et dollar contre franc (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Escalade dans le golfe Persique et demande robuste de matières premières
- La réescalade dans le golfe Persique, marquée par des attaques réciproques contre les infrastructures stratégiques de la région et par l’incertitude quant à la navigabilité du détroit d’Ormuz, a entraîné une nouvelle et forte hausse des prix de l’énergie sur le marché mondial. De plus, la prime du Brent par rapport au WTI a bondi en quelques semaines de deux à plus de huit dollars. Nous n’anticipons pas de détente durable de la situation. Les cours restent élevés en raison de la persistance des hostilités.
- L’or, sur lequel nous maintenons une position stratégique inchangée dans nos portefeuilles, reste largement corrélé négativement aux cours du pétrole. Autour de 4’000 USD l’once, il existe un fort support technique. Nous anticipons en outre que la banque centrale turque, après une vague de ventes liée à des besoins de liquidités, se repositionnera prochainement à l’achat. Nous ne décelons aucune rupture de la demande accrue d’or de la part des banques centrales.
- Enfin, nous continuons de tabler sur une demande de matières premières globalement forte, portée par la transition énergétique ainsi que par les programmes d’infrastructure et d’armement dans le monde entier.
Indices des matières premières (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Le meilleur et en même temps le pire marché actions au monde
- La Bourse sud-coréenne a enchaîné les records au premier semestre. L’indice de référence Kospi a temporairement gagné plus de 100 %, davantage que toute autre grande place. Depuis la mi-juin, ce même marché est aussi le plus grand perdant : l’indice a cédé environ un quart de sa valeur, avec une volatilité supérieure au niveau des crises de 1997 et 2008. Au bilan, il reste néanmoins une progression d’environ 60 % depuis le début de l’année. Cette ascension a un fondement réel : Samsung et SK Hynix dominent le marché mondial des puces mémoire, piliers essentiels du boom de l’IA, et leurs bénéfices ont été multipliés.
- Le problème réside dans la structure du marché. Les deux titres ont représenté près de 60 % du poids de l’indice. De plus, les investisseurs privés coréens, connus pour leur appétit du risque, assurent environ la moitié du volume de transactions – de plus en plus à crédits lombards garantis par des titres ont atteint un record en juin, avec l’équivalent d’environ 26 milliards USD, et l’endettement total des investisseurs a dépassé 40 milliards USD. S’y sont ajoutés des ETF à effet de levier, qui promettent le double de la variation quotidienne des cours et doivent vendre mécaniquement en cas de baisse, en plein cœur du mouvement baissier.
- Lors de la correction, plus de 1,2 million de comptes ont déclenché des appels de marge ; près de 350’000 ont même été liquidés d’office par les courtiers. L’autorité de surveillance a alors suspendu l’homologation de nouveaux ETF à effet de levier et triple, d’ici fin juillet, le dépôt minimal, seules les liquidités comptant désormais comme garantie. Cette mesure vise à stabiliser, mais bride en même temps le pouvoir d’achat des investisseurs privés qui, jusqu’ici, avaient absorbé chaque correction.
KOSPI Composite Index, depuis le 1.1.2026
Source : Bloomberg Finance L.P.
Meilleur climat malgré une pression latente sur les prix
- L’Allemagne, première économie d’Europe, poursuit un redressement vigoureux selon l’enquête ZEW de juillet. L’indice mesure avant tout les prévisions des experts des marchés financiers à un horizon de six mois – et ce sont précisément elles qui bondissent de 10,5 à 26,3 points, nettement au-dessus des estimations des analystes. Les directeurs d’achat font eux aussi état de meilleures valeurs, dans l’industrie comme dans les services.
- Ces chiffres tiennent déjà compte du recul des prix du pétrole, de la hausse consécutive à la nouvelle escalade, ainsi que de l’attente que cette dernière poussée reste temporaire. En juin, l’inflation globale et l’inflation sous-jacente se sont de nouveau quelque peu détendues.
- Les prix à la production restent toutefois élevés: Japon 7,1 %, États-Unis 6,7 %, zone euro 5,9 % et Chine 4,1 %. Le chiffre chinois mérite attention, car les prix à la production y ont longtemps généré peu de pression. Rapportées à l’inflation des prix à la consommation, ces valeurs sont élevées. Les producteurs de biens et de services ont déjà supporté ces coûts.
- Deux voies en découlent: soit ils répercutent ces coûts sur les consommateurs avec un décalage, soit ils acceptent des marges plus faibles. La voie qui dominera dépend du pouvoir de fixation des prix et de la demande dans chaque secteur. Pour l’inflation globale, nous attendons donc une pression persistante mais mesurée. Une nouvelle hausse des prix du pétrole constitue le principal risque haussier pour cette évaluation.
- L’enquête de l’Université du Michigan auprès des consommateurs montre une nouvelle reprise marquée. L’appréciation de la situation actuelle, les anticipations et l’indice global dépassent désormais tous les 54 points. L’écart par rapport au plus bas historique se creuse, mais la moyenne de long terme de 86 reste lointaine. Le climat s’améliore donc à partir d’un niveau très bas. Il ne s’agit pas encore d’une normalisation. Les anticipations d’inflation à court terme reculent à 4,2 % et demeurent élevées. L’anticipation à long terme, plus déterminante pour la Fed, se maintient à 3,3 % comme le mois précédent et dépasse nettement la cible de 2 %. Tant que cette valeur ne baisse pas, la marge de manœuvre de la banque centrale reste limitée.
- Tant la géopolitique que la politique commerciale américaine demeurent les grands facteurs d’incertitude qui menacent l’économie mondiale.
Allemagne : ZEW et PIB, 30 ans
Source : Bloomberg Finance L.P.
Prix à la production : indices des directeurs d’achat, secteur manufacturier
Source : Bloomberg Finance L.P.
Une pause – de nombreuses questions ouvertese
- Après une hausse en juin, la BCE a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 23 juillet : facilité de dépôt 2,25 %, taux de refinancement principal 2,4 % et facilité de prêt marginal 2,65 %. Les incertitudes géopolitiques restent préoccupantes selon la BCE. Aucune indication n’a été donnée sur d’éventuelles mesures supplémentaires. Le marché s’attend toutefois à une hausse de 25 points de base au plus tard lors de la réunion d’octobre et à au moins un nouveau relèvement en 2027.
- À la suite de ce statu quo attendu, les rendements ont légèrement augmenté et l’euro s’est retrouvé brièvement sous pression, mais a terminé la journée inchangée.
- La Réserve fédérale américaine laisse elle aussi son taux directeur inchangé à 3,50 %–3,75 %. Trois membres ont toutefois voté en faveur d’une hausse. Kevin Warsh a réaffirmé que la cible d’inflation de 2 % restait inchangée.
- D’ici la fin du mois, les autres banques centrales devraient elles aussi maintenir leur politique inchangée. Malgré une inflation toujours supérieure à l’objectif, grâce à des chiffres d’inflation modérés en juin, le risque de récession et l’efficacité limitée de nouvelles hausses de taux plaident pour la prudence.
- L’élection de Kevin Warsh remet également au premier plan la question de l’indépendance politique de la Fed. L’endettement élevé et la hausse des taux accroissent la pression politique.
La BNS se réunira le 24 septembre. Là aussi, aucun ajustement n’est attendu. Une inflation proche de zéro ainsi que le recul des prix à l’importation et à la production plaident pour le maintien du statu quo. - La Suisse reste inscrite, avec neuf autres pays, sur la liste américaine de surveillance des manipulations de devises. Après les déclarations de Martin Schlegel sur les interventions de la BNS et compte tenu de la faiblesse actuelle du franc, cette situation devrait perdurer.
Prévisions de taux d‘intérêt en Suisse : Notre évaluation de fin avril 2026
- La Banque nationale suisse a laissé son taux directeur inchangé à 0 % le 18 juin. Les taux des hypothèques SARON ne changent donc pas dans l’immédiat, car ils s’alignent sur les orientations des gardiens de la monnaie.
À moyen terme, nous voyons toutefois la possibilité d’une hausse du taux directeur, car les prix durablement plus élevés des matières premières entraîneront aussi en Suisse une inflation plus forte.
La phase de forte vigueur du franc semble avoir provisoirement dépassé son point culminant. Alors que l’appréciation avait exercé un effet modérateur sur l’inflation importée, la faiblesse du franc agit désormais plutôt dans un sens inflationniste.
La dépendance au pétrole est nettement plus faible ici qu’à l’étranger – la Suisse couvre environ 60 % de son électricité par l’hydraulique et un bon tiers par le nucléaire, tandis que le pétrole joue surtout un rôle dans les transports et le chauffage.
Suisse : Prévisions de taux
Source : Aquila SA, Bloomberg Finance L.P.
Écarts de taux : obligations d'entreprises, marchés émergents et à haut rendement
Source : Bloomberg Finance L.P.
Les prix de l’énergie et les anticipations d’inflation poussent les rendements
- Les nouvelles attaques qui embrasent le Moyen-Orient poussent à nouveau à la hausse les prix de l’énergie et les anticipations d’inflation. Dans leur sillage, les rendements des obligations d’État à dix ans augmentent également. Aux États-Unis, ils s’établissent à 4,7 %, près d’un plus haut de 19 ans, et le Royaume-Uni offre une image similaire. L’Allemagne atteint avec 3,2 % un niveau observé pour la dernière fois il y a 15 ans ; au Japon, une forte hausse a ramené les rendements à leur niveau de 1996, soit 2,8 %.
- Ces taux plus élevés devraient perdurer et alourdir sensiblement la charge d’intérêts sur la dette publique de ces pays. La Suisse fait exception : la solidité de ses finances publiques et la faiblesse de l’inflation maintiennent le rendement des obligations d’État suisses à dix ans – qui s’établit actuellement à 0,5 % – à un niveau toujours bas.
- Les primes de risque restent quant à elles étonnamment calmes. Malgré une situation géopolitique tendue, les spreads des obligations des marchés émergents, d’entreprises et à haut rendement évoluent à des niveaux historiquement serrés, comme on n’en avait plus observé avant la crise financière de 2008/09. Le coussin est donc mince et les placements dans ce segment ne rémunèrent guère le risque.
Taux des obligations d’État à 10 ans en %, 30 ans
Source : Bloomberg Finance L.P.
Boom de l’IA : la facture est refinancée
- Ni la hausse des rendements ni le renchérissement de l’énergie n’ont jusqu’ici sérieusement freiné les marchés actions. La plupart des indices des pays industrialisés évoluent toujours près de leurs plus hauts historiques.
- La saison des résultats du deuxième trimestre a débuté et le premier « hyperscaler », Alphabet, a dépassé les attentes : le chiffre d’affaires a progressé de 24 % à 120 milliards USD, l’activité cloud de 82 %. Le bond du bénéfice à 112 milliards USD provient toutefois en grande partie de la réévaluation de la participation dans SpaceX après son introduction en bourse, un gain comptable sans substance opérationnelle. Plus déterminant : Alphabet a de nouveau relevé ses prévisions d’investissement pour 2026 à 205 milliards USD et le flux de trésorerie disponible est passé en territoire négatif. L’ancien champion du cash-flow finance désormais le développement de l’IA par des émissions d’obligations ou d’actions, et non plus à partir de son activité courante.
- Contrairement à la « bulle techno » de 2000, les chiffres d’affaires et les bénéfices croissent réellement et à deux chiffres, ce qui plaide contre une bulle ; en revanche, des investissements records sont de plus en plus financés par la dette et le rendement du capital investi reste non chiffré – des caractéristiques classiques de fin de cycle. La situation devient critique si la croissance du cloud faiblit avant que les investissements ne soient monétisés.
- Nous restons investis, veillons à la qualité des flux de trésorerie et maintenons notre anticipation d’un élargissement de la base du marché.
Marchés d’actions : performance depuis le 1.1.2026, indexée, en monnaie locale
Source : Bloomberg Finance L.P.
Faiblesse du franc
- L’euro a franchi la résistance technique à 0,93 franc et signale un potentiel d’appréciation supplémentaire ; après être tombé jusqu’à 0,90 en début d’année, il a ainsi effacé ses pertes de cours. Le dollar américain poursuit sa tendance à l’appréciation et évolue à 0,82, à un plus haut annuel.
- Le franc et le yen sont pénalisés par le différentiel de taux négatif face aux principales devises, surtout face au dollar américain. La paire USD/JPY a franchi le seuil symboliquement important de 160 et, à 163, a de nouveau atteint de tels niveaux pour la première fois depuis 1986. Le ministère japonais des Finances s’y est opposé en avril et mai par des interventions record représentant l’équivalent de plus de 70 milliards USD ; l’effet s’est dissipé en six semaines. Le risque tient moins à la faiblesse du yen elle-même qu’à un revirement brutal : partout dans le monde, les investisseurs financent au moyen de crédits bon marché en yens des placements dans des devises mieux rémunérées, mais surtout des actions américaines. Si le yen s’apprécie soudainement, ces « carry trades » doivent être dénoués d’un coup pour couvrir des dettes désormais plus coûteuses. En août 2024, une hausse des taux à Tokyo, de faibles chiffres du marché du travail et les baisses de taux alors anticipées aux États-Unis ont suffi à déclencher un tel revirement et à faire décrocher les marchés actions dans le monde entier.
Euro et dollar contre franc (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Escalade dans le golfe Persique et demande robuste de matières premières
- La réescalade dans le golfe Persique, marquée par des attaques réciproques contre les infrastructures stratégiques de la région et par l’incertitude quant à la navigabilité du détroit d’Ormuz, a entraîné une nouvelle et forte hausse des prix de l’énergie sur le marché mondial. De plus, la prime du Brent par rapport au WTI a bondi en quelques semaines de deux à plus de huit dollars. Nous n’anticipons pas de détente durable de la situation. Les cours restent élevés en raison de la persistance des hostilités.
- L’or, sur lequel nous maintenons une position stratégique inchangée dans nos portefeuilles, reste largement corrélé négativement aux cours du pétrole. Autour de 4’000 USD l’once, il existe un fort support technique. Nous anticipons en outre que la banque centrale turque, après une vague de ventes liée à des besoins de liquidités, se repositionnera prochainement à l’achat. Nous ne décelons aucune rupture de la demande accrue d’or de la part des banques centrales.
- Enfin, nous continuons de tabler sur une demande de matières premières globalement forte, portée par la transition énergétique ainsi que par les programmes d’infrastructure et d’armement dans le monde entier.
Indices des matières premières (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
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Cette publication a été réalisée en collaboration avec Aquila.