- anlegen
Flash Placements Février 2026
Le secteur des services soutient la conjoncture, tandis que l'industrie devrait se redresser. Les risques politiques persistent, la politique monétaire est hétérogène : l'Europe marque une pause, le Japon augmente ses taux, la Fed reste ouverte.
Executive Summary
- Le secteur des services reste le principal pilier conjoncturel, mais l’industrie manufacturière devrait se redresser conformément à l’amélioration des indicateurs de confiance.
- Les incertitudes politiques, les barrières commerciales et les tensions géopolitiques influencent négativement l’activité, tandis que les impulsions budgétaires ont un effet stabilisateur.
- Les prévisions de baisses de taux divergent fortement et dépendront largement de la nomination du prochain président de la Fed, qui pourrait également affecter son indépendance.
- En Europe et en Suisse, les taux d’inflation sont en ligne avec les objectifs et la politique monétaire est « en pause ».
Les indices boursiers des pays émergents s’envolent
- La ligne représentée montre la performance du marché boursier américain (S&P 500) par rapport à celle des actions des marchés émergents (MSCI Emerging Markets). Si elle augmente, cela signifie que le marché américain se porte mieux et inversement.
- Fin 2024, une très longue période de domination américaine a pris fin et, depuis lors, les actions des marchés émergents affichent des performances nettement supérieures.
- L’une des principales causes en est la pression politique croissante exercée sur la Réserve fédérale américaine, en particulier par Donald Trump, pour qu’elle abaisse ses taux d’intérêt. Les marchés financiers anticipent déjà un assouplissement de la politique monétaire et un affaiblissement du dollar américain, ce qui favorise les pays émergents à plusieurs égards.
- L’évolution facilite le commerce international et, avec des taux d’intérêt plus bas, rend les conditions de financement dans la monnaie mondiale nettement plus attractives. En outre, le marché boursier américain est très haut. Ces facteurs entraînent des transferts de capitaux des États Unis vers les pays émergents.
- Ceux-ci profitent également de la hausse actuelle des prix des matières premières. Comme beaucoup de leurs marchés sont fortement influencés par les entreprises minières et les sociétés de matières premières, ce boom a un effet directement favorable sur les indices boursiers correspondants.
- Dans ce contexte, nous pensons que la dynamique actuelle devrait se poursuivre grâce à des valorisations favorables, des afflux de capitaux et à l’environnement macroéconomique.
S&P 500 par rapport à l’indice MSCI Emerging Markets (20 ans)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Secteur des services en forte croissance
- Les indices des directeurs d’achat pour le secteur manufacturier ont globalement reculé en décembre par rapport au mois précédent. En Europe, la France et le Royaume-Uni ont fait exception avec de meilleurs résultats. Avec les États-Unis, ces deux pays se situaient dans la zone de croissance avec des indices supérieurs à 50 points selon les données recueillies par S&P Global.
- En revanche, les indices de l’Institute of Supply Management (ISM) pour le secteur manufacturier aux États-Unis ont déçu. L’indice global, à 47,9 points, est resté en deçà des attentes. La situation des commandes (47,7) et le marché du travail (44,9) ont eu une influence négative sur les résultats, tout comme la pression sur les prix, qui s’est maintenue à 58,5 points et s’est avérée encore plus forte dans le secteur des services. Toutefois, une amélioration des nouvelles commandes est attendue, car la réduction des stocks devrait à nouveau les stimuler.
- Les indices des directeurs d’achat pour le secteur des services restent globalement supérieurs à la barre importante des 50 points et contribuent à une situation économique étonnamment solide.
- Le budget des États-Unis pour novembre 2025 n’a été adopté qu’avec un crédit transitoire limité à fin janvier. Il pourrait donc y avoir à nouveau un arrêt partiel des activités gouvernementales (shutdown) dès février. Compte tenu des élections de mi-mandat en novembre, les négociations devraient être encore plus difficiles cette fois-ci.
- Alors que la politique douanière des États-Unis affecte déjà considérablement la croissance mondiale et les flux de marchandises, le conflit autour le Groenland pèse sur la situation. Cependant, pour la première fois, l’UE a mis un frein aux ambitions du président Trump en menaçant de prendre des mesures de rétorsion, qui permet de prendre des contre-mesures comprenant des droits de douane de rétorsion et des restrictions commerciales. L’UE montre ainsi de manière crédible qu’elle est prête à répondre à la pression économique par une contre-offensive tangible.
- L’Allemagne, première économie de la zone euro, a enregistré une croissance de 0,2 % au troisième trimestre 2025. Pour l’année civile 2025, une croissance modeste de 0,3 % est attendue pour la première fois depuis 2022. La politique de dépenses offensive du gouvernement devrait continuer à donner des impulsions positives à la reprise industrielle.
- En décembre, le chômage en Suisse a atteint 3,1 %, son plus haut niveau depuis 2021, et s’élève à 3,0 % après correction des variations saisonnières. La tendance à la hausse du chômage observée depuis 2023 se poursuit donc, y compris en ce qui concerne le chômage partiel. En décembre, cette hausse a été influencée de manière saisonnière par le secteur de la construction.
- Nous prévoyons les taux de croissance du PIB suivants pour 2026 : 3 % au niveau mondial, 2 % aux États-Unis, 4,5 % en Chine, 1,2 % dans l’UE et en Suisse, 1 % au Royaume-Uni et au Japon.
Suisse : taux de chômage (depuis 2010)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Global : indices des directeurs d’achat dans le secteur des services
Source : Bloomberg Finance L.P.
L’indépendance de la principale banque centrale mise à l’épreuve
- Pour l’année en cours, le marché s’attend à deux baisses des taux de la part de la Fed, alors que celle-ci n’en prévoit qu’une seule au second semestre. Stephen Miran, dont les positions sont considérées comme proches de celles de Trump, va beaucoup plus loin et réclame six baisses des taux jusqu’à 2,25 %, au motif qu’un dollar américain trop fort nuit à l’industrie, et plaide en conséquence pour un affaiblissement ciblé de la monnaie. En mai, un nouveau président prendra les rênes de la banque centrale ; l’influence politique sur l’action monétaire pourrait nuire à la crédibilité de la Fed et accentuer la perte de confiance, favorisant une nouvelle hausse des rendements à long terme.
- L’indice d’inflation de base préféré de la Fed, basé sur les dépenses de consommation personnelles, à 2,8 %, reste supérieur à l’objectif à long terme de 2 %. La croissance économique et un marché du travail toujours solides, ainsi que des programmes substantiels en matière de conjoncture, d’infrastructures et d’armement, constituent la base d’une demande constante de matières premières et d’une possible poussée inflationniste. Ni cet état de choses, ni la dette publique élevée, ne justifie de baisse des taux d’intérêt.
- La situation actuelle n’est pas sans rappeler les années 1970, sous l’ère Nixon-Burns, où des baisses de taux d’intérêt imposées par la politique en période d’inflation croissante ont conduit à une forte croissance économique, à une augmentation de la dette, à une inflation des actifs patrimoniaux, à une fuite vers les valeurs réelles et, finalement, à la stagflation.
- L’inflation actuelle des matières premières est principalement due à l’offre et échappe à l’influence directe des mesures de politique monétaire. Dans ce contexte, une politique monétaire expansionniste a plutôt un effet déstabilisateur et, en stimulant la demande, renforce la pression sur les prix sans résoudre les goulets d’étranglement structurels du côté de l’offre.
- En Suisse et dans la zone euro, l’inflation se situe dans la cible de 0 % à 2 %. Dès lors, les deux banques centrales renoncent pour l’instant à de nouvelles mesures de politique monétaire. Le taux de dépôt de la BCE est de 2 % et le taux directeur de la BNS de 0 %.
- La Banque du Japon est confrontée à un conflit d’objectifs entre la croissance économique, l’inflation élevée et les intérêts budgétaires du Parti libéral-démocrate. La hausse des rendements des obligations d’État à 10 et 30 ans à respectivement 2,35 % et 3,9 % reflète le niveau d’inflation de près de 3 % ainsi qu’une réévaluation de la structure des taux d’intérêt. Dans ce contexte, nous prévoyons une poursuite de la hausse des rendements, actuellement alimentée par la géopolitique.
Suisse : taux directeur de la BNS, Saron 6 mois et rendement des obligations fédérales à 10 ans (3 ans)
Source : Bloomberg Finance L.P.
États-Unis : taux d’inflation sélectionnés (depuis 2010)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Obligations : pourquoi les rendements résistent malgré l’incertitude
- Les rendements des obligations d’État à 10 ans s’établissent à 4,2 % aux États-Unis, 2,9 % en Allemagne et 2,25 % au Japon. Ils reflètent à la fois l’incertitude persistante en matière d’inflation et l’offre importante d’obligations d’État due aux déficits publics élevés et au resserrement quantitatif. Dans le même temps, les tensions géopolitiques ont un effet modérateur et garantissent une demande constante d’actifs refuges, notamment suisses, ce qui freine les rendements.
- Les États-Unis, fortement endettés, dépendent des investisseurs, en particulier chinois, japonais et européens. Dans le contexte actuel de la crise du Groenland, cette situation pourrait contribuer à un rapprochement entre les pays de l’UE. Si l’administration Trump continuait à accroître la pression sur la Réserve fédérale et à saper son indépendance, cela pourrait déclencher des ventes supplémentaires, stimulant les rendements à long terme, même si les taux d’intérêt directeurs étaient abaissés à court terme.
- Les rendements se maintiennent actuellement grâce à une interaction complexe entre les primes de risque, les effets de l’offre et les flux vers les valeurs refuges. Il s’agit d’un équilibre fragile qui pourrait rapidement basculer en cas de perte de confiance.
Taux d’intérêt des obligations d’État à 10 ans en % (5 ans)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Le sentiment positif du marché menacé par le conflit commercial
- La saison des résultats aux États-Unis a bien démarré. La plupart des entreprises ont dépassé les attentes. En revanche, les tensions géopolitiques autour de la crise du Groenland, les incertitudes politiques et un possible nouveau shutdown pèsent sur les indices américains. Avec des valorisations ambitieuses et une volatilité accrue, l’environnement reste donc prometteur pour les actions américaines, mais devient de plus en plus sélectif.
- Sous l’effet d’une amélioration attendue de la confiance des consommateurs et des entreprises, d’une plus grande clarté dans le domaine commercial et d’une politique monétaire et budgétaire mondiale favorable, les perspectives cycliques en Europe pourraient s’éclaircir après trois années de stagnation des bénéfices.
- Si les problèmes structurels persistent pour les entreprises allemandes, les modifications de la Constitution sur les dépenses annoncent une réforme importante du cadre budgétaire en Allemagne. Le marché offre en outre un rendement de dividendes attractif.
- Dans l’ensemble, les entreprises suisses devraient continuer à enregistrer une croissance organique solide de leur chiffre d’affaires. Il est actuellement difficile d’imposer des hausses de prix. Les entreprises se concentrent donc davantage sur l’amélioration de leur efficacité, l’optimisation de leur portefeuille et des acquisitions ciblées.
Marchés des actions : performance depuis le 1.1.2025, indexée, en monnaie locale
Source : Bloomberg Finance L.P.
Consolidation à court terme du dollar américain
- Le dollar américain a perdu environ 12% de sa valeur par rapport au franc suisse au cours de l’année 2025 et oscille actuellement autour de 0,80. Il faut toutefois noter que cette baisse s’est produite au premier semestre et que le dollar s’est nettement stabilisé au second semestre.
- À moyen terme, nous prévoyons une nouvelle baisse du dollar américain, car la confiance dans la monnaie de référence mondiale s’érode de plus en plus en raison de la politique commerciale agressive des États-Unis et des attaques politiques contre l’indépendance de la Réserve fédérale américaine.
- Depuis un certain temps, l’euro fluctue par rapport au franc suisse dans une fourchette étroite comprise entre 0,92 et 0,94. Les faibles fluctuations de cette paire de devises s’expliquent probablement par le fait qu’aucune nouvelle baisse des taux d’intérêt n’est attendue pour l’instant de la part des deux banques centrales. Dans l’ensemble, nous continuons toutefois de tabler sur une demande élevée et durable de franc suisse, car malgré la faiblesse des taux d’intérêt, les capitaux affluent de plus en plus vers la Suisse. Cela souligne le fait que pour de nombreux investisseurs internationaux, la sécurité et la stabilité sont actuellement plus importantes que le rendement.
Euro et dollar face au franc suisse (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
L’or dépasse 5’000 dollars l’once
- Durant les dernières semaines de 2025, le cours de l’or a atteint un nouveau record historique supérieur à 4’500 dollars américains. À la toute fin de l’année, une brève correction s’est produite, ramenant le cours à 4’319 dollars. Le cours de l’once a ensite dépassé les 5’000 dollars, soit un prix au kilo de 127’000 francs suisses.
- Nous conservons notre estimation à long terme selon laquelle l’or est une valeur réelle solide, et nous maintenons nos positions. La hausse du cours de l’or s’explique principalement par la forte demande des banques centrales, la tendance générale à la dédollarisation et, surtout, l’augmentation de la dette publique dans de nombreux pays. La raison en est notamment la polarisation croissante de la société et le manque de volonté de compromis dans les débats politiques. Il en résulte ce que l’on appelle dans les pays anglo-saxons « kick the can down the road » : les problèmes sont reportés à plus tard sans être résolus. Les perspectives d’évolution de la dette publique sont mauvaises et donc positives pour l’or et les autres valeurs réelles.
Indices des matières premières (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Les indices boursiers des pays émergents s’envolent
- La ligne représentée montre la performance du marché boursier américain (S&P 500) par rapport à celle des actions des marchés émergents (MSCI Emerging Markets). Si elle augmente, cela signifie que le marché américain se porte mieux et inversement.
- Fin 2024, une très longue période de domination américaine a pris fin et, depuis lors, les actions des marchés émergents affichent des performances nettement supérieures.
- L’une des principales causes en est la pression politique croissante exercée sur la Réserve fédérale américaine, en particulier par Donald Trump, pour qu’elle abaisse ses taux d’intérêt. Les marchés financiers anticipent déjà un assouplissement de la politique monétaire et un affaiblissement du dollar américain, ce qui favorise les pays émergents à plusieurs égards.
- L’évolution facilite le commerce international et, avec des taux d’intérêt plus bas, rend les conditions de financement dans la monnaie mondiale nettement plus attractives. En outre, le marché boursier américain est très haut. Ces facteurs entraînent des transferts de capitaux des États Unis vers les pays émergents.
- Ceux-ci profitent également de la hausse actuelle des prix des matières premières. Comme beaucoup de leurs marchés sont fortement influencés par les entreprises minières et les sociétés de matières premières, ce boom a un effet directement favorable sur les indices boursiers correspondants.
- Dans ce contexte, nous pensons que la dynamique actuelle devrait se poursuivre grâce à des valorisations favorables, des afflux de capitaux et à l’environnement macroéconomique.
S&P 500 par rapport à l’indice MSCI Emerging Markets (20 ans)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Secteur des services en forte croissance
- Les indices des directeurs d’achat pour le secteur manufacturier ont globalement reculé en décembre par rapport au mois précédent. En Europe, la France et le Royaume-Uni ont fait exception avec de meilleurs résultats. Avec les États-Unis, ces deux pays se situaient dans la zone de croissance avec des indices supérieurs à 50 points selon les données recueillies par S&P Global.
- En revanche, les indices de l’Institute of Supply Management (ISM) pour le secteur manufacturier aux États-Unis ont déçu. L’indice global, à 47,9 points, est resté en deçà des attentes. La situation des commandes (47,7) et le marché du travail (44,9) ont eu une influence négative sur les résultats, tout comme la pression sur les prix, qui s’est maintenue à 58,5 points et s’est avérée encore plus forte dans le secteur des services. Toutefois, une amélioration des nouvelles commandes est attendue, car la réduction des stocks devrait à nouveau les stimuler.
- Les indices des directeurs d’achat pour le secteur des services restent globalement supérieurs à la barre importante des 50 points et contribuent à une situation économique étonnamment solide.
- Le budget des États-Unis pour novembre 2025 n’a été adopté qu’avec un crédit transitoire limité à fin janvier. Il pourrait donc y avoir à nouveau un arrêt partiel des activités gouvernementales (shutdown) dès février. Compte tenu des élections de mi-mandat en novembre, les négociations devraient être encore plus difficiles cette fois-ci.
- Alors que la politique douanière des États-Unis affecte déjà considérablement la croissance mondiale et les flux de marchandises, le conflit autour le Groenland pèse sur la situation. Cependant, pour la première fois, l’UE a mis un frein aux ambitions du président Trump en menaçant de prendre des mesures de rétorsion, qui permet de prendre des contre-mesures comprenant des droits de douane de rétorsion et des restrictions commerciales. L’UE montre ainsi de manière crédible qu’elle est prête à répondre à la pression économique par une contre-offensive tangible.
- L’Allemagne, première économie de la zone euro, a enregistré une croissance de 0,2 % au troisième trimestre 2025. Pour l’année civile 2025, une croissance modeste de 0,3 % est attendue pour la première fois depuis 2022. La politique de dépenses offensive du gouvernement devrait continuer à donner des impulsions positives à la reprise industrielle.
- En décembre, le chômage en Suisse a atteint 3,1 %, son plus haut niveau depuis 2021, et s’élève à 3,0 % après correction des variations saisonnières. La tendance à la hausse du chômage observée depuis 2023 se poursuit donc, y compris en ce qui concerne le chômage partiel. En décembre, cette hausse a été influencée de manière saisonnière par le secteur de la construction.
- Nous prévoyons les taux de croissance du PIB suivants pour 2026 : 3 % au niveau mondial, 2 % aux États-Unis, 4,5 % en Chine, 1,2 % dans l’UE et en Suisse, 1 % au Royaume-Uni et au Japon.
Suisse : taux de chômage (depuis 2010)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Global : indices des directeurs d’achat dans le secteur des services
Source : Bloomberg Finance L.P.
L’indépendance de la principale banque centrale mise à l’épreuve
- Pour l’année en cours, le marché s’attend à deux baisses des taux de la part de la Fed, alors que celle-ci n’en prévoit qu’une seule au second semestre. Stephen Miran, dont les positions sont considérées comme proches de celles de Trump, va beaucoup plus loin et réclame six baisses des taux jusqu’à 2,25 %, au motif qu’un dollar américain trop fort nuit à l’industrie, et plaide en conséquence pour un affaiblissement ciblé de la monnaie. En mai, un nouveau président prendra les rênes de la banque centrale ; l’influence politique sur l’action monétaire pourrait nuire à la crédibilité de la Fed et accentuer la perte de confiance, favorisant une nouvelle hausse des rendements à long terme.
- L’indice d’inflation de base préféré de la Fed, basé sur les dépenses de consommation personnelles, à 2,8 %, reste supérieur à l’objectif à long terme de 2 %. La croissance économique et un marché du travail toujours solides, ainsi que des programmes substantiels en matière de conjoncture, d’infrastructures et d’armement, constituent la base d’une demande constante de matières premières et d’une possible poussée inflationniste. Ni cet état de choses, ni la dette publique élevée, ne justifie de baisse des taux d’intérêt.
- La situation actuelle n’est pas sans rappeler les années 1970, sous l’ère Nixon-Burns, où des baisses de taux d’intérêt imposées par la politique en période d’inflation croissante ont conduit à une forte croissance économique, à une augmentation de la dette, à une inflation des actifs patrimoniaux, à une fuite vers les valeurs réelles et, finalement, à la stagflation.
- L’inflation actuelle des matières premières est principalement due à l’offre et échappe à l’influence directe des mesures de politique monétaire. Dans ce contexte, une politique monétaire expansionniste a plutôt un effet déstabilisateur et, en stimulant la demande, renforce la pression sur les prix sans résoudre les goulets d’étranglement structurels du côté de l’offre.
- En Suisse et dans la zone euro, l’inflation se situe dans la cible de 0 % à 2 %. Dès lors, les deux banques centrales renoncent pour l’instant à de nouvelles mesures de politique monétaire. Le taux de dépôt de la BCE est de 2 % et le taux directeur de la BNS de 0 %.
- La Banque du Japon est confrontée à un conflit d’objectifs entre la croissance économique, l’inflation élevée et les intérêts budgétaires du Parti libéral-démocrate. La hausse des rendements des obligations d’État à 10 et 30 ans à respectivement 2,35 % et 3,9 % reflète le niveau d’inflation de près de 3 % ainsi qu’une réévaluation de la structure des taux d’intérêt. Dans ce contexte, nous prévoyons une poursuite de la hausse des rendements, actuellement alimentée par la géopolitique.
Suisse : taux directeur de la BNS, Saron 6 mois et rendement des obligations fédérales à 10 ans (3 ans)
Source : Bloomberg Finance L.P.
États-Unis : taux d’inflation sélectionnés (depuis 2010)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Obligations : pourquoi les rendements résistent malgré l’incertitude
- Les rendements des obligations d’État à 10 ans s’établissent à 4,2 % aux États-Unis, 2,9 % en Allemagne et 2,25 % au Japon. Ils reflètent à la fois l’incertitude persistante en matière d’inflation et l’offre importante d’obligations d’État due aux déficits publics élevés et au resserrement quantitatif. Dans le même temps, les tensions géopolitiques ont un effet modérateur et garantissent une demande constante d’actifs refuges, notamment suisses, ce qui freine les rendements.
- Les États-Unis, fortement endettés, dépendent des investisseurs, en particulier chinois, japonais et européens. Dans le contexte actuel de la crise du Groenland, cette situation pourrait contribuer à un rapprochement entre les pays de l’UE. Si l’administration Trump continuait à accroître la pression sur la Réserve fédérale et à saper son indépendance, cela pourrait déclencher des ventes supplémentaires, stimulant les rendements à long terme, même si les taux d’intérêt directeurs étaient abaissés à court terme.
- Les rendements se maintiennent actuellement grâce à une interaction complexe entre les primes de risque, les effets de l’offre et les flux vers les valeurs refuges. Il s’agit d’un équilibre fragile qui pourrait rapidement basculer en cas de perte de confiance.
Taux d’intérêt des obligations d’État à 10 ans en % (5 ans)
Source : Bloomberg Finance L.P.
Le sentiment positif du marché menacé par le conflit commercial
- La saison des résultats aux États-Unis a bien démarré. La plupart des entreprises ont dépassé les attentes. En revanche, les tensions géopolitiques autour de la crise du Groenland, les incertitudes politiques et un possible nouveau shutdown pèsent sur les indices américains. Avec des valorisations ambitieuses et une volatilité accrue, l’environnement reste donc prometteur pour les actions américaines, mais devient de plus en plus sélectif.
- Sous l’effet d’une amélioration attendue de la confiance des consommateurs et des entreprises, d’une plus grande clarté dans le domaine commercial et d’une politique monétaire et budgétaire mondiale favorable, les perspectives cycliques en Europe pourraient s’éclaircir après trois années de stagnation des bénéfices.
- Si les problèmes structurels persistent pour les entreprises allemandes, les modifications de la Constitution sur les dépenses annoncent une réforme importante du cadre budgétaire en Allemagne. Le marché offre en outre un rendement de dividendes attractif.
- Dans l’ensemble, les entreprises suisses devraient continuer à enregistrer une croissance organique solide de leur chiffre d’affaires. Il est actuellement difficile d’imposer des hausses de prix. Les entreprises se concentrent donc davantage sur l’amélioration de leur efficacité, l’optimisation de leur portefeuille et des acquisitions ciblées.
Marchés des actions : performance depuis le 1.1.2025, indexée, en monnaie locale
Source : Bloomberg Finance L.P.
Consolidation à court terme du dollar américain
- Le dollar américain a perdu environ 12% de sa valeur par rapport au franc suisse au cours de l’année 2025 et oscille actuellement autour de 0,80. Il faut toutefois noter que cette baisse s’est produite au premier semestre et que le dollar s’est nettement stabilisé au second semestre.
- À moyen terme, nous prévoyons une nouvelle baisse du dollar américain, car la confiance dans la monnaie de référence mondiale s’érode de plus en plus en raison de la politique commerciale agressive des États-Unis et des attaques politiques contre l’indépendance de la Réserve fédérale américaine.
- Depuis un certain temps, l’euro fluctue par rapport au franc suisse dans une fourchette étroite comprise entre 0,92 et 0,94. Les faibles fluctuations de cette paire de devises s’expliquent probablement par le fait qu’aucune nouvelle baisse des taux d’intérêt n’est attendue pour l’instant de la part des deux banques centrales. Dans l’ensemble, nous continuons toutefois de tabler sur une demande élevée et durable de franc suisse, car malgré la faiblesse des taux d’intérêt, les capitaux affluent de plus en plus vers la Suisse. Cela souligne le fait que pour de nombreux investisseurs internationaux, la sécurité et la stabilité sont actuellement plus importantes que le rendement.
Euro et dollar face au franc suisse (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
L’or dépasse 5’000 dollars l’once
- Durant les dernières semaines de 2025, le cours de l’or a atteint un nouveau record historique supérieur à 4’500 dollars américains. À la toute fin de l’année, une brève correction s’est produite, ramenant le cours à 4’319 dollars. Le cours de l’once a ensite dépassé les 5’000 dollars, soit un prix au kilo de 127’000 francs suisses.
- Nous conservons notre estimation à long terme selon laquelle l’or est une valeur réelle solide, et nous maintenons nos positions. La hausse du cours de l’or s’explique principalement par la forte demande des banques centrales, la tendance générale à la dédollarisation et, surtout, l’augmentation de la dette publique dans de nombreux pays. La raison en est notamment la polarisation croissante de la société et le manque de volonté de compromis dans les débats politiques. Il en résulte ce que l’on appelle dans les pays anglo-saxons « kick the can down the road » : les problèmes sont reportés à plus tard sans être résolus. Les perspectives d’évolution de la dette publique sont mauvaises et donc positives pour l’or et les autres valeurs réelles.
Indices des matières premières (12 mois)
Source : Bloomberg Finance L.P.
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La présente publication sert uniquement à des fins informatives. Il ne s’agit ni d’une offre ni d’une recommandation d’acquisition ou de vente d’instruments financiers ou de prestations bancaires. La publication a été créée avec le concours d’Aquila. Nous n’en garantissons pas l’exactitude ni l’exhaustivité.